CUMA Travailler ensemble pour réduire les coûts

Se regrouper, mutualiser chauffeurs et machines… Les Cuma ne manquent pas d’idées pour limiter encore et toujours les coûts du machinisme sur les exploitations.

A l’origine, les Cuma ont été créées pour réduire les charges de mécanisation. Mais, au fil du temps, elles se sont révélées être bien plus ! « Les Cuma, c’est une offre de matériels variés et performants, a rappelé Ronan Le Bourhis, le président de la FDCuma, lors de l’assemblée générale, le 7 février dernier à Taulé. C’est aussi du lien social. Et de la mutualisation, qui rend nos exploitations plus efficaces économiquement ».

Mais, signe des temps, l’heure n’est plus à la création de Cuma (une seule en 2013 dans le Finistère) mais à leur regroupement. Car le nombre d’exploitations diminue. Tout comme celui des responsables prêts à s’investir ! « Se regrouper à deux Cuma, c’est deux fois moins de responsables à trouver », souligne Christian Poulhalec, le président de la Cuma de Tremoor.

Plus vite

Le regroupement, c’est le choix que viennent de faire les Cuma Kost ar Mor et Palud, dans le Porzay. « Le nombre d’actifs agricoles diminue et les surfaces par exploitation grandissent, constate Jean Jain, le président de la Cuma Kost ar Mor. On a besoin de matériel plus large pour travailler plus vite. C’est ce que nous a permis le regroupement de nos Cuma, présentes sur le même territoire et qui avaient besoin des mêmes matériels ». Et quelques adhérents sont allés plus loin, en créant une Cuma tracteur avec chauffeur pour déléguer le travail du sol.

Moins cher

La Cuma ar Bodou, à Plouzané, recherche depuis toujours le meilleur coût pour l’adhérent. « Nous avons travaillé pendant 4-5 ans avec une Cuma de la région de Quimperlé pour l’ensilage, relate Laurent Philipot, son vice-président. Mais il n’y avait pas suffisamment de différences entre nos dates de récolte ». La Cuma cherche plus loin et a adhéré voilà 15 ans à une Cuma vendéenne. « Leur ensileuse vient chez nous avec un chauffeur. Nous gérons les plannings. Mais, pour optimiser la machine, nous avons décidé d’adopter leur système de facturation ». Une facturation à l’heure de rotor, 240 €, et non pas à l’hectare, comme le pratiquent la plupart des Cuma et ETA finistériennes. « Du coup, chacun réfléchit à l’organisation de son chantier et il n’y a pas de temps perdu ». Le résultat ? « 92 €/ha chez moi où les parcelles sont grandes. 25 à 27 € de plus à l’hectare pour les adhérents au parcellaire plus morcelé. Mais bien loin des 185 € que pratiquent certains ».

Sans perdre en service

La Cuma du Phare de la Lande, à Taulé, s’est lancée pour la première fois dans un échange inter-Cuma. Elle aussi a choisi une Cuma de Vendée, et l’ensileuse est venue avec chauffeur. Et, dès la première année, les adhérents ont gagné 50 €/ha, sans rien perdre en service. « L’année prochaine, le coût devrait encore diminuer ! Nous avons formé notre propre chauffeur. Et nous sommes à la recherche d’hectares supplémentaires ».

Mais, pour réduire les coûts, d’autres solutions peuvent encore être explorées. « Les Cuma peuvent devenir des interlocuteurs privilégiés des communes, plaide Ronan Le Bourhis. Les marchés publics locaux sont une possibilité de conforter vos activités ».

Les Cuma en quelques chiffres

– 180 Cuma,

– 3 600 exploitations adhérentes,

– un chiffre d’affaires de 11 millions d’€ en 2013,

– soit en moyenne 61 000 €/Cuma,

– 5 millions d’€ d’investissements en 2013,

– soit en moyenne 27 000 €/Cuma,

– une Cuma sur 5 embauche au moins un salarié,

– une Cuma sur 4 possède au moins un tracteur,

– 11% ont une moissonneuse batteuse ou une ensileuse,

– 8% sont spécialisées en légume (endive, pomme de terre, échalote…),

– une Cuma sur 4 est propriétaire de son hangar,

– deux regroupements de Cuma en 2013,

– et une seule création : la fourragère du Léon va sécher du fourrage à partir de la chaleur issue d’un unité de méthanisation.

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