Algues vertes : les agriculteurs sur le pont dans le Finistère

Situés dans les baies « algues vertes » du Finistère se sont engagés à réaliser un diagnostic individuel devant les conduire à changer de pratiques pour réduire les fuites d’azote dans le milieu. Cependant il reste des agriculteurs à convaincre pour réaliser l’objectif.

Les règles du jeu sont claires, expliquait la semaine dernière le président de la chambre d’agriculture du Finistère, André Sergent. Soit les agriculteurs des baies « algues vertes » s’engagent volontairement à réduire leur production d’azote de 30 %, soit ils se voient imposés par l’État des règlements. « Sur les trois baies ayant signé leur charte de territoire en 2012 (Douron, Douarnenez et la Forêt Fouesnant), 300 exploitations sont engagées à ce jour. Mais il faut que nous parvenions à 575 d’ici à juin 2014 pour réaliser l’objectif », dit André Sergent. Le classement de ces baies (huit en Bretagne dont cinq dans le Finistère et trois dans les Côtes d’Armor) remonte à février 2010. A l’époque, l’État met en place un plan de lutte contre les algues vertes qui prévoit un volet d’études, un volet curatif (ramassage et compostage des algues) et un volet préventif. Après concertations parfois difficiles, des chartes sont signées entre les acteurs du territoire.

Diagnostic individuel

Conscient de l’incompréhension que peut susciter cette démarche, le président de la chambre d’agriculture du Finistère a voulu rassurer les agriculteurs en organisant cette communication chez un éleveur laitier de la baie de Douarnenez, qui a réalisé son diagnostic, André Nédélec (commune de Ploeven). Sans doute cet éleveur intensif (550 000 l de quota, 58 vaches laitières à 10 000 kilo de lait chacune par an, 78 ha dans un système herbe-maïs) était-il mûr pour cela. Il sentait que son système ne le préservait pas des à-coups du marché. Il avait d’abord planté plusieurs centaines de mètres de haies (2010 et 2012). Puis signé, en 2011, un contrat MAE pour la conversion de parcelles en herbes et l’entretien de talus. Le diagnostic individuel est donc arrivé à-propos. Il a été réalisé en deux après-midi, avec Mélina Porhel, technicienne de BCEL-Ouest. « C’est l’exploitation que nous avons diagnostiquée, dit-elle. L’idée, c’est d’améliorer la façon de travailler de l’exploitant pour améliorer l’environnement de la ferme ». Plusieurs leviers techniques et économiques ont été identifiés parmi lesquels l’éleveur a choisi ceux qui lui correspondent le mieux. André Nédélec : « je vais abaisser les surfaces que je consacrais au légume-industrie pour augmenter la part d’herbe, dit-il, introduire du maïs Samco (implantation et récolte précoces NDLR) pour favoriser l’implantation d’un couvert végétal et créer 300 à 400 mètres de chemin pour créer de nouvelles pâtures ». De 9 000 kg d’azote, il prévoit de passer à 8 500. Et ce sans réduire sa production.

Pour André Sergent, c’est le signe que l’engagement dans le diagnostic et la réalisation d’objectifs environnementaux ne nuit pas aux objectifs économiques de l’exploitant. « Nous ne sommes pas en retard dans l’avancement de l’opération. Il faut continuer de montrer aux agriculteurs l’importance de la démarche », poursuit André Sergent.

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