"L'Union européenne souhaite réduire les écarts entre Etats membres et entre agriculteurs d'un même Etat membre", avance Daniel Mazeau, directeur adjoint de la Chambre d'agriculture, pour expliquer la convergence qui, en 5 ans, va remettre à plat le système actuel des DPU. "De nouveaux droits à paiement vont être attribués. Et le montant comprendra une part fixe et une part proportionnelle à la valeur perçue en 2013". Pour parvenir à l'uniformisation, en 2019. Le verdissement de la PAC se traduira par une aide annuelle, liée à trois mesures environnementales : diversification des cultures, maintien des pâturages permanents et de zones à focus écologique.

De gauche à droite : Jean-Michel Le Breton, secrétaire adjoint de la Chambre d'agriculture, André Sergent, vice-président, et Michel Tanné. - © Chantal Pape
Un impact fort
Aussitôt connus les contours de cette nouvelle PAC, des simulations ont été réalisées, pour mieux mesurer l'impact de la réforme. "La Bretagne devrait perdre 22% des aides du premier pilier", chiffre Daniel Mazeau. Avec des variations selon les productions. "Une exploitation laitière de 70 ha verra ses DPU passer de 360 à 280 €/ha en 2014, 217 € en 2019, soit une perte de près de 10 000 €. Un peu moins en porc, 3 600 € pour 63 ha".
Un projet que les élus de la Chambre d'agriculture jugent inacceptable. "Il nous reste 6 mois pour proposer", rappelle Jean-Michel le Breton, secrétaire adjoint. Pour atténuer l'impact de la convergence, trois pistes sont explorées. "Il faudrait des DPU élevage", plaide André Sergent, vice-président. Une mesure difficile à obtenir, car assimilée à du recouplage. "En montagne, les ICHN, indemnités compensatoires de handicap naturel, sont ressorties de la convergence. Pourquoi ne pas en sortir aussi l'ADL, l'aide directe laitière ?".
La seconde piste consisterait à accorder un complément d'aide pour les 40-60 premiers ha. "Cela permettrait de tenir compte des spécificités des exploitations bretonnes, disposant de peu de surface mais employant beaucoup de main d'oeuvre". Enfin, pourquoi ne pas appliquer la convergence à des zones géographiques homogènes plutôt qu'à la France entière, afin que le Grand Ouest puisse faire valoir sa spécificité élevage ? "Il nous faudra aussi nous orienter plus vers les aides du second pilier", rajoute André Sergent.
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