Se battre pour perdre le moins possible
De gauche à droite : André Quénet, secrétaire général de la FDSEA, Thierry Merret, président, Claire Loiseau, directrice, François Plougastel, président de la section lait, et André Guenneuguès, secrétaire général de la section porcs. - © Chantal Pape
"Avec la convergence, la Bretagne perdra 22% du montant actuel de ses aides PAC". Après ses assemblées locales et cantonales, et avant son assemblée générale, qui se tiendra le mercredi 21 mars, la FDSEA a tenu ses réunions d'arrondissement la semaine dernière. Et commencé par faire le point sur la PAC post 2013. "Je ne comprends pas pourquoi la convergence ne porterait que sur le premier pilier, avance Thierry Merret. Tant qu'à tout mettre au pot commun, ajoutons-y aussi le second pilier".
Une convergence régionale
Le président de la FDSEA ne s'en cache pas, "il va falloir se battre pour perdre le moins possible". Première piste évoquée : une convergence régionale au lieu de nationale, une possibilité que laisse Bruxelles à chaque état-membre. "Pour une exploitation laitière spécialisée, les aides PAC sont, en moyenne, de 370 €/ha, indique Delphine Schek, animatrice à la FDSEA. En 2019, à l'issue de la réforme, elles seraient de 220 €/ha en cas d'uniformisation nationale, 270 € en cas de convergence au niveau du Grand Ouest".
Comment entrer dans les clous ?
A l'avenir, les aides PAC comprendront aussi un "paiement vert", égal à 30% des soutiens directs. "Pour y prétendre, il faudra, entre autres, que les zones à focus écologique représentent au moins 7% de la SAU, hors prairies permanentes, détaille Thierry Merret. 7%, c'est énorme". D'autant qu'on ne sait toujours pas avec précision ce qui pourra y entrer. "Il faudra aussi avoir au minimum 3 cultures différentes. Ce qui ne manquera pas de poser problème à certains producteurs de porcs, ne cultivant que du blé et du maïs. Ou à certains producteurs de lait, n'ayant que du maïs en plus de l'herbe". La FDSEA voudrait que soient également pris en compte les couverts végétaux. "Ou qu'on parle de diversification des productions, plutôt que des cultures".
Aide à l'élevage
La Bretagne, zone de handicaps naturels ? L'idée fait son chemin. "Nous sommes loin de partout, justifie Thierry Merret. Et les contraintes environnementales sont telles que ça en devient un véritable handicap". Les responsables planchent aussi sur une aide à l'hectare, afin de compenser les pertes pour le monde de l'élevage. "Et pourquoi ne pas plaider pour un recouplage de l'aide laitière, lance Xavier Mérel. En son temps, on a bien recouplé les aides bovines, afin que l'élevage ne disparaisse pas". Une idée qui se heurte au projet de l'Union européenne. "A terme, les soutiens couplés ne doivent peser que 10%, au maximum, des aides totales, indique Thierry Merret. A elle seule, la PMTVA en représente 7%".
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