Presser son colza pour l'huile et les tourteaux
Marcel Dubois et son stagiaire devant la remorque qui contient toute l'installation de pressage. - © Cécile Julien
Depuis deux ans, une drôle de remorque se balade dans les campagnes d'Ille et Vilaine. A l'intérieur se cache toute une installation qui permet de presser du colza pour obtenir huile et tourteaux. Cette presse mobile fait escale à Mellé, au Gaec des 4 chemins. "C'est la 4e année que je presse du colza, explique Marcel Dubois, l'un des associés de ce Gaec. D'abord avec la presse des Cuma costarmoricaines, puis depuis deux ans, avec celle de la Cuma Innov'35 (voir encadré). Presser du colza est un pas supplémentaire pour renforcer l'autonomie de l'exploitation, au niveau énergétique comme de l'alimentation du troupeau laitier, donc d'être moins dépendant des fluctuations des cours". Le colza a un double intérêt : énergétique avec de l'huile, qui est un bon carburant, et alimentaire par les tourteaux, qui peuvent remplacer le soja. Au Gaec des 4 chemins, tout le colza de l'exploitation, soit de 4 à 5 ha, est pressé. "Pour un rendement moyen de 30 quintaux, un hectare de colza permet d'obtenir 1.000 litres d'huile et 2 tonnes de tourteaux, chiffre l'agriculteur. Certes, le pressage demande un peu de temps mais l'intérêt économique est là". Pour limiter les déplacements de la remorque, Marcel Dubois presse tout son colza en une fois, pendant l'hiver. "Ca correspond à la période où on consomme le plus d'aliment. De toute façon, le tourteau se conserve 3, 4 mois sans problème".
Combustible et aliment
L'huile est utilisée comme combustible. D'abord dans la maison de l'un des associés du Gaec dont la chaudière est équipée d'un brûleur spécifique. L'huile remplace également le fioul dans les tracteurs. "On fonctionne en mélange avec 30 à 50% d'huile, selon la génération de tracteurs, explique Marcel Dubois. Un litre d'huile remplace un litre de fioul".
Pour cette exploitation laitière, les tourteaux sont aussi intéressants que l'huile. Stockés en big bags, ils sont distribués à raison de 2 kg par jour pour complémenter le maïs. 1,5 kg de tourteau de colza permettent de remplacer 1 kg de soja. "Non seulement le tourteau de colza est un bon correcteur, qui fait un peu baisser le TB en maintenant le TP, mais en plus, économiquement il est avantageux, garanti sans OGM et contribue à l'autonomie alimentaire de l'élevage", apprécie Marcel Dubois. La qualité des tourteaux dépend évidemment de celle des graines. "Pour obtenir des tourteaux appétents et qui se conservent bien, il faut récolter le colza à moins de 9% d'humidité, estime Marcel Dubois. Plus les graines sont sèches, mieux se passe l'extraction et meilleure est la qualité des tourteaux et de l'huile". Une analyse permet de connaitre la composition exacte des tourteaux pour adapter au mieux la ration.
Une presse itinérante
Afin de permettre à tous les agriculteurs du département d'avoir accès à une presse puissante et équipée d'un système autonome de chargement, la Cuma départementale Innov'35 a conçu ce système mobile, entièrement installé dans une remorque qui s'attelle à un tracteur. Cet investissement de 62.000 euros a été soutenu à hauteur de 30% par le Conseil général. En plus d'être mobile, la presse est simple d'utilisation, ce qui permet à chaque adhérent de réaliser seul son pressage. 22 agriculteurs d'Ille et Vilaine utilisent déjà ce matériel et 60 tonnes sont pressées chaque année.
Pour tout renseignement, contacter la FDCuma 35 (tél : 02 23 48 29 70).
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