Plus d'autonomie, moins d'énergie
Bien qu'il soit en retraite depuis presque 20 ans, André Pochon fait toujours partie de ces personnalités qui font le monde agricole breton. Inlassablement, il continue de se faire l'apôtre d'un système de production plus autonome et de prairies à base de trèfle blanc, dans une approche de développement durable. Mercredi 12 janvier, il était à Bourg des Comptes pour parler efficacité énergétique, dans le cadre d'un programme d'actions initié par le pays des Vallons de Vilaine. "Le choix de son système de production peut permettre de faire des économies d'énergie", souligne André Pochon. Retrouver l'équilibre sol/plantes/animaux, avoir un assolement équilibré, des plantes adaptées au sol et au climat sont autant de facteurs qui permettent de réduire les intrants, donc sa facture énergétique. C'est ce que l'agriculteur a voulu promouvoir en élaborant son cahier des charges "agriculture durable". "Durable et rentable, précise l'ancien agriculteur. Le suivi de fermes de références en agriculture durable et dans un système conventionnel a montré que nous arrivons à dégager plus de revenus avec moins d'intrants". L'une des principales raisons est la part de l'herbe dans la ration. En faisant pâturer au maximum des prairies riches en trèfle blanc, André Pochon réduit les intrants et les coûts de mécanisation. "En équivalent fioul, notre système basé sur le pâturage demande 150 litres pour 10.000 litres de lait. En agriculture conventionnelle, on est à 300 litres équivalent fioul. Ce qui vaut bien dire qu'en agriculture durabilité et autonomie vont de pair", souligne André Pochon. L'ancien agriculteur souligne aussi l'intérêt du colza dans la rotation, pour les tourteaux et l'huile, "un pas de plus pour l'autonomie de son exploitation".
Si le cahier des charges "agriculture durable" peut inspirer certaines mesures d'économie, il n'est pas transposable dans toutes les exploitations, notamment en raison des contraintes foncières.
D'abord économiser, ensuite produire de l'énergie
En plus des économies, les agriculteurs peuvent aussi devenir des producteurs d'énergie, en installant des récupérateurs, des panneaux solaires. "Il y a aussi la méthanisation qui mérite de s'y intéresser, suggère André Pochon. Pas sous un angle environnemental car ça ne permet pas de réduire la charge azotée mais car ça permet de produire de l'énergie, dont on manque en Bretagne. Pour l'agriculteur, c'est aussi un moyen de dégager plus de revenu". Economiser des énergies fossiles, s'investir dans les énergies renouvelables, l'agriculture a de multiples cartes à jouer.
Trois rendez-vous sur les économies d'énergie
Cette conférence était le premier de trois rendez-vous que le pays des Vallons de Vilaine organise autour des économies d'énergie. Elle sera suivie par deux visites d'exploitations, pour parler de diagnostics de consommation (Prairie, Diaterre) et de pratiques pour réduire ses consommations. Une visite est organisée le 10 février, à partir de 14h, sur l'exploitation de Jean-Marc Suhard, à la Bosse de Bretagne. Une autre aura lieu sur le canton de Guichen le 17 mars à partir de 14h. Inscriptions obligatoires pour les visites, contact : Caroline Luneau, tél : 02 99 57 08 82, mail : environnement@paysdesvallonsdevilaine.fr. Ces actions sont soutenues financièrement par l'Union européenne au travers d'un programme Leader.
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