Vous êtes iciAccueil Ille-et-Vilaine (35)Les propriétaires ruraux ne décolèrent pas

Les propriétaires ruraux ne décolèrent pas

Réunis en assemblée générale, les adhérents du syndicat de la propriété rurale ont rappelé leurs attentes de revalorisation des fermages et loyers des maisons.

28 septembre 2010 Cécile Julien Vu 3212 fois 2 réactions
Les propriétaires ruraux d'Ille et Vilaine se sont réunis le vendredi 25 septembre. De gauche à droite, Bruno Ronssin, directeur de la fédération nationale de la propriété rurale, Bernard du Réau, président de la fédération d'Ille et Vilaine, Paul Rapion, de la DDTM.

Les propriétaires ruraux d'Ille et Vilaine se sont réunis le vendredi 25 septembre. De gauche à droite, Bruno Ronssin, directeur de la fédération nationale de la propriété rurale, Bernard du Réau, président de la fédération d'Ille et Vilaine, Paul Rapion, de la DDTM. - © Cécile Julien

Les propriétaires ruraux veulent casser leur image de "nanti". "La propriété moyenne est de 7 Ha", précise Bernard du Réau, président du syndicat de la propriété rurale. Au contraire, ils veulent faire reconnaitre leur importance dans le paysage agricole. "En louant des terres et des bâtiments, les propriétaires permettent aux jeunes qui s'installent comme à tous les agriculteurs d'avoir moins à investir, explique Bernard du Réau. Les agriculteurs répètent souvent qu'ils ont besoin de capitaux extérieurs. C'est bien ce que nous faisons". Reste qu'entre la faible rentabilité du foncier et les contraintes du statut du fermage, les propriétaires s'interrogent. Vendre, boiser, les jeunes générations, qui n'ont plus le même attachement à la terre, pourraient prendre d'autres décisions que de louer à des agriculteurs.

Pour redonner l'envie à des propriétaires d'investir dans le foncier rural, leur syndicat plaide pour une meilleure rentabilité. "Les charges grèvent nos revenus. L'imposition représente 45% du fermage, alors que ce n'est que 13% pour l'immobilier urbain, chiffre Bernard du Réau. Pourquoi autant de différence ?". Les attentes des propriétaires portent d'abord sur la revalorisation des loyers des maisons. La loi prévoit une augmentation pour le rapprocher des valeurs locatives des environs. Cette revalorisation s'applique sans attendre le renouvellement du bail. Le syndicat des propriétaires jugent insuffisante cette revalorisation. "Cela représente à peine 200 euros par an", explique son président, qui a contesté les deux arrêtés. Une prochaine commission consultative devrait trancher. En attendant, le 2e arrêté s'applique.

Revalorisation

Autre attente des propriétaires, la révision du fermage, tant au niveau financier que fonctionnement. "Non seulement les loyers sont très bas mais en plus, les propriétaires sont bridés dans l'utilisation de leur bien, précise Bernard du Réau. Ils ne sont plus maîtres dans le choix de leur fermier, ni même de vendre au prix qui leur semble correct". Dans un premier temps, les propriétaires voudraient que le loyer des bâtiments ne soit plus proportionnel à la surface louée.

Les doléances des propriétaires d'Ille et Vilaine rejoignent celle de leur syndicat national, qui se dit déçu du peu d'avancées de la Loi de modernisation. "La France est le seul pays européen à avoir un statut du fermage aussi archaïque", déplore Bruno Ronssin, directeur de la fédération nationale de la propriété rurale. Une fédération qui dénonce le caractère agricole, donc sa soumission au statut du fermage, des nouvelles activités comme la méthanisation. "En la dissociant des activités agricoles, le fermier pourrait investir à titre individuel, voire faire appel à des capitaux extérieurs, explique Bruno Ronssin. Ces investissements ne devraient pas rentrés dans le périmètre du fermage". Propriétaires ou locataires, le foncier agricole reste un sujet délicat.

 

 

tous les commentaires Vos réactions

  1. 1

    Depuis 2003, au décès de mes parents je suis devenue propriétaire de terres agricoles, le locataire ne veut toujours pas admettre que mon père est dcd depuis 7 ans, je n'existe pas . Acculée à aller au tribunal des baux ruraux, ce fut une vaste fumisterie, le seul dossier du locataire a été ouvert , j'ai été déboutée et condamnée à 3500 euros alors qu'il n'habite pas la maison d'habitation et surtout la laisse à l'abandon; il a récupéré du terrain d'une maison louée par mes parents puis par moi-même, j'ai fait borner le terrain et il refuse d'enlever le grillage qu'il avait posé, il occupe donc du terrain dont il n'est pas locataire et m'empêche donc d'entretenir ce dit terrain alors que j'ai maintenant décidé de vendre cette maison .Voilà les relations que nous pouvons avoir avec les locataires, c'est l'horreur! Bien entendu il ne paie pas de loyer pour cette maison et s'approvisionne en eau et électricité pour son élevage. Je souhaiterais cette maison avant qu'elle ne tombe en ruines

    Le Moing - le 29 septembre 2010 à 23:55:43
  1. 2

    Heureusement qu'il y a encore des lois qui protègent les paysans !!! Système de la propriété rurale et du fermage archaïque en France ? Peut-être, mais je vous assure que bon nombre de jeunes européens souhaitant s'installer jalousent cette France archaïque. Qui croyez-vous qui produit votre alimentation ? qui entretiennent vos paysages ? Je suis à la recherche de foncier pour m'installer (en agri bio et donc d'une agri respectueuse de l'environnement et permettant une économie locale) et bien pas du tout facile. La terre appartient au nantis et aux riches (oserais-je dire à ceux qui ce sont fait plein de pognon en polluant...), on l'hérite de papa maman. Elle n'est pas reconnue comme un outil de travail puisqu'elle ne se transmet plus à ses fins. Alors je dis merci aux lois et aux organismes qui protègent les petits paysans contre les spéculateurs fonciers et les riches qui se veulent se payer un peu de bon temps à la campagne et font flamber les prix en démantelant les fermes.

    etelka - le 24 février 2011 à 01:25:05

 
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