Des produits locaux au menu de la cantine
Pour la 3e fois, la chambre d'agriculture a invité l'ensemble des élus du département à débattre de sujets de préoccupation communs au monde agricole et aux collectivités. Après l'installation et le foncier, c'est d'alimentation et de circuits courts dont il a été question le vendredi 30 septembre. D'abord dans le Grenelle de l'environnement, puis dans la loi de modernisation agricole, la consommation de produits locaux a été encouragée. Les consommateurs sont, aussi, de plus en plus demandeurs d'achats de proximité. Comme, en moyenne, 3 repas par semaine sont pris à l'extérieur, c'est aussi dans la restauration collective que des produits locaux et/ou issus de circuits courts doivent être proposés. D'ailleurs l'Etat a affiché un ambitieux 20% de produits bio et 20% de produits locaux dans la restauration publique en 2012. Reste, et ce n'est pas le plus simple, à organiser l'approvisionnement. La chambre d'agriculture travaille à recenser, dans chaque pays, l'offre disponible et accompagne les agriculteurs intéressés pour répondre aux appels d'offre, monter des projets d'approvisionnement.
Des démarches se créent
Des démarches se mettent en place mais elles demandent beaucoup de concertation entre agriculteurs et collectivités. Pour que les projets aboutissent et durent, il faut trouver des compromis. Les collectivités attendent de valoriser leur territoire et sont très attentives aux critères de qualité des produits. Pour les gestionnaires de cantines, le budget ne devra pas être grevé par le nouveau choix d'approvisionnement et le processus d'achat ne devra pas s'alourdir. Quant aux cuisiniers, ils sont exigeants sur la fiabilité des produits, de leur livraison et peuvent demander des niveaux de transformation variés. Pour les producteurs, anticiper la planification des besoins est essentiel. Ils attendent aussi un prix suffisant. Ils ont souvent besoin d'un accompagnement pour lever les freins des appels d'offre et de la logistique. Des expérimentations de centralisation de l'offre ont fait leurs preuves sur le pays de Vitré, avec 16 producteurs, et sur les communautés de Bretagne romantique et de Val d'Ille, avec 32 producteurs.
Ils ont dit
Joseph Ménard, président de la chambre d'agriculture : "pour que les agriculteurs puissent s'engager dans les circuits courts, il leur faut des garanties sur les prix, les volumes et la sécurité du débouché. Il est important de redonner du sens aux produits alimentaires. Ca se travaille au niveau local".
Stéphane Deredec, cuisinier l'Ephad de Guipel : "j'utilise des légumes, de la viande, des œufs, du fromage, du lait produits par des agriculteurs du coin. Non seulement, ça me permet de proposer des produits différents, avec plus de goût et de fraicheur mais en plus, ça ne me revient pas plus cher qu'avec une grande enseigne et tous ses intermédiaires".
Thierry Gaudron, responsable de la cuisine central de Guichen. "Nous fournissons 850 repas par jour. Nous avons mis des clauses sur l'environnement et le volet social dans nos appels d'offre. Avant de choisir les fournisseurs, les enfants ont testé les produits. C'est bien de choisir des produits locaux mais encore faut-il s'assurer qu'ils plairont aux premiers concernés".
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