Protéger les cultures : une nécessité
Jean-François Proust, animateur ForumPhyto, est intervenu lors de l'AG de Bretagne Ouest, l'association des producteurs de plants de pomme de terre du Nord Finistère, le 2 février. - © terra
"Il y a un décalage entre l'image nature paradisiaque qu'ont les fruits et légumes dans l'esprit du consommateur et les pratiques de producteurs, qui impliquent une technicité certaine". Si cette technicité est positive pour l'environnement et la sécurité du consommateur, elle est en général ressentie négativement par le consommateur.
C'est donc pour rétablir quelques vérités que la filière a lancé ForumPhyto. "Nous prônons une protection phyto responsable, durable et assumée", détaille Jean-François Proust, animateur de l'association. Car, et il ne faut pas hésiter à le rappeler, les phyto sont utiles ! "Sans eux, on ne pourrait pas vendre plus de 5 à 10% de la production de pommes, à cause de la tavelure. Et les phyto, ce sont les mêmes molécules que les médicaments".
Usages orphelins
L'autre volet du travail de ForumPhyto concerne les usages orphelins. "On a assisté ces dernières années à une diminution drastique des produits disponibles dans l'Union européenne : de 1 000 matières actives, on est passé à 300 aujourd'hui". Et, en France, nombreux sont les usages qui n'ont plus aucune solution phyto, faute d'homologation quand, hors de nos frontières, la réglementation est tout autre, entraînant une forte distorsion de concurrence. "Mais les autorités ont enfin pris conscience du problème, affirme Jean-François Proust. On va tendre vers une harmonisation européenne. Et, au fur et à mesure du renouvellement des inscriptions à l'annexe 1, des extensions d'usage pourront être obtenues". Une procédure qui demandera du temps. "En attendant, on continue à se mobiliser, pour obtenir des dérogations, des autorisations au moins provisoires".
Jouer la transparence
ForumPhyto veut aussi faire entendre sa voix dans le cadre du programme Ecophyto, qui vise à réduire de 50% les volumes de phyto. "L'essentiel devrait être de réduire les risques vis-à-vis de l'environnement, l'applicateur, le voisin ou le consommateur, plaide Jean-François Proust. Et donc, de se focaliser sur des indicateurs d'impact plutôt que de volumes, comme l'IFT, l'Indice de fréquence de traitement". Car les profils des substances s'améliorent, tout comme les conditions d'application ou le matériel de pulvérisation. "Il nous faut jouer la transparence. Faire valoir nos bonnes pratiques agronomiques, enregistrer, tracer. Et expliquer ce que l'on fait à nos clients, aux autorités, au voisinage".
Chantal Pape
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