Un nouveau projet pour les Monts d'Arrée
Comme le montre Yves Riou sur cette carte, établie il y a trente ans à la demande du Parc d'Armorique, bon nombre de parcelles des Monts d'Arrée sont aptes aux cultures. - © Chantal Pape
"Nous avions déjà un arrêté biotope". Mise en place depuis quelques années, cette réglementation franco-française a connu un coup d'accélérateur avec le Grenelle de l'environnement, qui préconise de protéger désormais 2% du territoire national. "A Berrien, on va frôler le quart de la commune en biotope, s'insurge Yves Riou, membre du syndicat local FDSEA. Sans compter Natura 2000 et les 11 000 ha du site inscrit des Monts d'Arrée en protection forte". Des réglementations qui s'empilent et qui ont pour effet de faire fuir les agriculteurs. "Ici, les parcelles ne font bien souvent que 20 ou 30 ares. Et on nous interdit d'abattre les talus ! Comment moissonner avec une coupe de 7 m de large dans de telles conditions ?"
Concernée … ou pas ?
En théorie, l'agriculture n'est pas concernée par les arrêtés biotope, qui s'appliquent plutôt sur les landes, bois, zones humides... "Mais nous avons aussi trouvé des terres cultivées dans le zonage". Et les agriculteurs craignent que, là comme ailleurs, la réglementation n'évolue au fil au temps. "Selon que l'on veuille protéger des espèces animales ou végétales, l'arrêté peut interdire la destruction de haies et de talus, l'emploi de pesticides mais aussi la chasse et même la circulation du public !" Des contraintes fortes, qui empêcheraient toute activité.
Un pilier de l'économie locale
Pourtant, l'agriculture est l'un des piliers de l'économie locale. "Et, quand les agriculteurs sont partis, il est bien difficile de les faire revenir". Ils ont donc décidé de se battre contre cette nouvelle réglementation. Et ont trouvé un appui auprès des sylviculteurs. Car les arrêtés biotope sont clairs : s'ils n'interdisent pas aux parcelles de bois en place d'aller à leur terme, hors de question de replanter ! "Or, ici, la forêt est le premier employeur", calcule Yves Riou, citant les forestiers, l'usine de bois palette de Carhaix, le bois d'oeuvre pour la construction d'habitations...
Force de proposition
Une association, "emploi économie environnement Monts d'Arrée" est en cours de constitution. Et, si elle s'est fixée pour objectif de contrer le nouvel arrêté biotope, elle se veut aussi force de proposition. Et vient d'organiser une première réunion d'information, à laquelle étaient invités l'ensemble des élus du secteur. "Comme cela s'est fait dans le Mené, nous voulons faire des Monts d'Arrée une région autonome en énergie". Pour cela, l'association compte développer le photovoltaïque et la méthanisation. "Impossible d'implanter des éoliennes ici, c'est un site protégé". Et miser sur le bois énergie. "Quand on coupe une parcelle de bois d'oeuvre, on peut récupérer un surplus de 130 à 150 t/ha de sarments, qui peuvent être déchiquetés. Et 4 ha d'épicéa sitka suffisent à alimenter la piscine de Morlaix".
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