Pour gagner du temps et de l'argent
140 élèves à Plouénan (photo), 100 à Edern : la journée organisée par la FDCuma a connu un franc succès ! - © Chantal Pape
"Dans une exploitation, la mécanisation est le second poste de charges, juste derrière les intrants, rappelle Alain Laurec, le directeur de la FDCuma. Elle représente 30 à 40% des charges de structure, soit 25 000 €/an pour une exploitation moyenne finistérienne".
Le mouvement Cuma en est convaincu : acheter son matériel en commun permet d'alléger la facture. "Mais les avantages vont bien au-delà, rappelle Garvan Cornec, animateur, qui cite, pêle-mêle, du matériel adapté aux besoins, renouvelé régulièrement, du temps libre dégagé pour autre chose, dans le cas d'une Cuma avec chauffeur... "La Cuma, c'est aussi un lieu d'échanges".
Economiser le gazoil
C'est pour présenter tous ces avantages aux futurs agriculteurs que la FDCuma a décidé d'inviter, tous les deux ans, les établissements agricoles du département à se rendre dans une Cuma, afin de mieux en appréhender le fonctionnement. Et, cette année encore, le succès a été au rendez-vous, avec 140 élèves à Plouénan, une centaine à Briec.
Souhaitant également aborder les économies d'énergie, cette journée a été l'occasion de rappeler quelques chiffres aux étudiants. "10 ha de maïs situés à 7 km de l'exploitation réclament 403 litres de carburant de plus que s'ils étaient à 1,5 km, détaille Pierre Demeuré, conseiller machinisme à la chambre d'agriculture. Cela représente 924 km de plus à faire en tracteur, l'équivalent de 30 heures sur la route !"
Si les échanges parcellaires permettent des économies de carburant, d'autres pistes peuvent également être explorées, comme la profondeur ou la finesse de travail, l'association d'outils, le nombre de passages... "Semer du blé va demander 2 heures et 38 l de carburant/ha avec labour contre 50 minutes et 16 l en TCS, 25 minutes et 10 l en semis direct", détaille Alain Laurec, à partir d'une étude réalisée chez un agriculteur finistérien.
La Cuma de Kerellon
Arracheuse à échalotes, broyeur d'artichauts, herse étrille... : hormis des plateaux à paille et une élagueuse, la Cuma de Kerellon ne dispose que de matériel légumier. "Ici, les éleveurs ne sont pas suffisamment nombreux", explique Jean-Luc Tanguy, son président.
A Plouénan, la Cuma a été lancée il y a une vingtaine d'années. "Nous avions un bac de trempage des échalotes en co-propriété. Ca devenait difficile à gérer, nous avons opté pour la Cuma". Peu à peu, le matériel mis à disposition progresse. "Nous avons commencé par un semoir pneumatique pour le chou-fleur, puis une remorque épandeuse de sable". Il y a 10 ans, la Cuma franchit une nouvelle étape, avec l'achat d'un bâtiment. "Jusque-là, le bac à échalotes se trouvait chez un agriculteur. Il n'en voulait plus". Un poulailler est à céder, il fera l'affaire, "même s'il est un peu excentré, ce qui nous conduit à laisser une partie du matériel chez certains adhérents".
Aujourd'hui, la Cuma compte 71 adhérents. "Depuis l'achat d'une houe rotative, surtout utilisée par les bio, nous l'avons ouverte aux communes avoisinantes".
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