Les producteurs des Côtes d'Armor se rencontrent
Parce que mettre en place et gérer au quotidien une installation photovoltaïque n'est pas aussi simple qu'on ne l'imagine, les agriculteurs producteurs, ainsi que les porteurs de projet, ont besoin de partager leurs informations pour gagner en temps et en fiabilité. C'est ainsi qu'est née en septembre 2010 l'Apepha, l'association des agriculteurs producteurs d'électricité photovoltaïque, en plein développement aujourd'hui.
La première journée d'échanges pour les agriculteurs des Côtes d'Armor, organisée le 19 mai par la chambre d'agriculture départementale, en partenariat avec l'Apepha, aura donc permis de tisser des liens entre producteurs d'électricité photovoltaïque, et de leur faire connaître les missions et projets de l'Apepha.
Représenter les agriculteurs producteurs
L'association régionale, qui fédère 90 adhérents pour l'instant, approfondit les aspects techniques, administratifs, juridiques ou d'assurances, liés aux installations photovoltaïques. Elle a pour rôle de représenter les agriculteurs producteurs vis-à-vis des installateurs, et des instances, banques, assureurs, centres de gestion, Région, Etat… Elle permet également "d'engager des actions collectives sur des dossiers sensibles", signale Pascal Chaussec, président de l'Apepha, Constatant aujourd'hui "des problèmes récurrents de contrats tardifs et de délais de paiement anormalement longs", il invite en effet tous les agriculteurs concernés à se manifester auprès de l'association.
L'Apepha va aussi créer un site internet d'ici à cet été. "Chaque adhérent pourra y saisir une quarantaine de données - marques de panneaux, orientation, puissance, production mensuelle, etc. - et faire des tris analytiques pour situer son exploitation". Ceci venant compléter les rencontres entre producteurs que l'association continuera d'organiser régulièrement. Car les besoins d'échanger sont très forts compte tenu de toutes les questions des agriculteurs sur ces installations.
Questions techniques
Maintenant qu'un certain nombre de panneaux sont mis en route, point la question du nettoyage, sur laquelle les agriculteurs ont encore peu de recul. Dans les conditions sèches de cette année, les préparations des terres au maïs ont notamment véhiculé beaucoup de poussière, une poussière qu'il serait difficile d'éliminer par un simple arrosage. Le nettoyage pourrait faire gagner en performance, d'autant plus que les panneaux seraient situés aux abords des routes et chemins.
Mais à quelle fréquence nettoyer, avec quel matériel, à quel coût et pour quel gain, s'interrogent entre autres les agriculteurs du groupe, qui assistaient ce jour là à une démonstration de nettoyage de panneau par Pierre-Yves Le Roch, de Pontivy. Ce couvreur spécialisé, diversifié dans les installations photovoltaïques, propose maintenant le nettoyage de panneaux, avec une brosse rotative allemande de marque Puraqleen et un kit de filtration de l'eau permettant l'utilisation d'une eau complètement déminéralisée. La démonstration était alors l'occasion de se rendre compte de l'efficacité de ce travail, mais aussi de faire un point sur le coût et les conditions du nettoyage.
La mise en place d'essais comparatifs sur ces problématiques du nettoyage, de l'arrosage ou de la ventilation, est aussi dans les projets de l'Apepha.
L'actualité sur les tarifs d'achat
La journée de rencontres était l'occasion de faire un point sur les sujets d'actualité. En modifiant le dispositif de soutien aux installations photovoltaïques, l'Etat a mis en place une révision trimestrielle des tarifs d'achat pour les nouvelles installations inférieures à 100 kWc. Charlotte Quénard, animatrice énergie à la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor, précise que ce tarif est établi jusqu'au 30 juin entre 0,28 et 0,35 € / kWh selon la puissance installée. Comparativement, ce tarif était de 0,5 € / kWh sur un bâtiment agricole clos, il y a un an.
La réforme prévoit aussi que les installations sur bâtiments de 100 à 250 kWc répondront désormais à "des appels d'offre dont le premier est attendu pour l'été 2011", indique l'animatrice. Mais sachant que seules les offres les plus compétitives sur le prix du kWh seront retenues, les agriculteurs bretons devraient être pénalisés par rapport à ceux d'autres régions.
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