Les voyages forment la jeunesse
Un tracteur John Deere de 500 cv et un semoir à maïs de 16 rangs au Canada, une technicité nulle en élevage de porcs en Belgique, une salle de traite rotative de 40 places en Allemagne ou 2 x 44 places en épi simple équipement en Angleterre : durant leur stage à l’étranger, les étudiants de BTS productions animales du Nivot sont allés de surprise en surprise. Parfois mauvaises. "Mon maître de stage me parlait comme à un chien". Le plus souvent bonnes. "J’ai été super-bien accueilli. On a visité plein de choses en un mois". Ou étonnantes. "Il n’y a pas de virages au Canada. Ils avaient de la place, toutes les routes sont rectilignes et se croisent à angle droit".
430 vêlages en 6 semaines
Pour beaucoup, ce stage a été l’occasion de découvrir une agriculture aux antipodes de ce qu’ils connaissaient. "Les vaches sont à l’attache toute l’année, relate Pierre-Yves, qui s’est rendu au Canada. Elles ne sortent à l’herbe qu’au moment du tarissement". "Les 430 vaches vêlent en 6 semaines. Et la traite s’effectue en 2 heures", s’étonne Kevin, qui a séjourné en Angleterre, dans une exploitation bio, de type néo-zélandais.
Encore plus dépaysante, l’expérience d’Anthony au Togo. "On devait semer 20 ha de maïs. On a commencé par labourer, avec 14 paires de bœufs. Puis on a tracé les lignes de semis. Les femmes ont ensuite fait des trous tous les 20 cm. Et d’autres femmes y ont déposé les graines, avant de refermer le sol". Le tout sous une température de 35 ou 40° ! "J’avais beaucoup de mal à supporter la chaleur".
Pour ces jeunes, âgés d’une vingtaine d’années, c’est aussi une première confrontation avec le monde du travail. "Ca fait 10 ans que mon patron de stage, d’origine suisse, est arrivé au Canada. Et il n’a pas arrêté de bosser une seule journée".
Aller voir ailleurs
Mais c’est surtout l’occasion d’aller voir ailleurs et de se dépasser. "N’hésitez pas, conseille Mickaël. Je suis parti en Allemagne, alors que je ne connaissais pas un mot d’allemand. On a un peu peur en partant. Et on est super-content de l’avoir fait, en rentrant". Un avis que partagent bon nombre de stagiaires. "J’étais nulle en anglais. J’ai quand même réussi à échanger. Et j’ai vu où étaient mes lacunes", apprécie Joséphine, qui a conduit à gauche durant tout son stage. Et garde un souvenir impérissable de la nourriture, "so british".
Chantal Pape
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