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SIGNATURE DE LA CHARTE ALGUES VERTES EN BAIE DE SAINT BREUC

Tout commence sur le terrain

La signature, le 7 octobre, de la charte du plan de lutte contre les algues vertes en baie de Saint-Brieuc engage collectivement les agriculteurs à réduire la pression azotée de 700 tonnes, d’ici 2015. Ce qui nécessitera une évolution individuelle des pratiques pour la plupart des 1 400 exploitations de ce territoire.

13 octobre 2011 A Dibet Vu 936 fois
Les signataires de la charte à Saint-Brieuc

Les signataires de la charte à Saint-Brieuc - © Audrey Dibet

Si,chronologiquement, la baie de Saint-Brieuc est la deuxième sur les huit concernées en Bretagne à s’engager dans le plan de lutte, elle est, de loin, la première en termes d’importance, représentant à elle seule la moitié de la surface agricole concernée par le fléau des algues vertes. La signature de la charte, que le président de la commission locale de l’eau, Alain Cadec, qualifie de "compromis raisonnable mais ambitieux", marque l’aboutissement de 16 mois de concertation entre les acteurs du territoire.

Objectif de résultats

Le travail d’amélioration de la qualité de l’eau conduit depuis déjà plusieurs années avec des acquis réels doit aller encore plus loin pour prévenir la prolifération des algues. Le plan a la particularité de fixer des objectifs de résultats qui seront contrôlés dans le temps. Pour y parvenir, 36 millions d’euros d’aides publiques sont consacrés à la mise en œuvre des projets agricoles sur cette baie. "Un effort légitime pour préserver l’avenir agricole du territoire", a souligné Michel Cadot, préfet de région.
Après un diagnostic de chacune des 1 400 exploitations, 90% d’entre-elles devront s’engager sur un projet d’évolution dans les deux ans à venir, au risque, sinon, de voir imposer du réglementaire à l’échelle du bassin versant.
Sur le dossier des algues vertes, la profession s’est mobilisée dès 2009 pour travailler à "un projet innovant, performant, ambitieux et adapté à chaque territoire", souligne Olivier Allain, président de la chambre d’agriculture des Côtes d’Armor, rappelant par ailleurs la forte contribution des agriculteurs dans ce plan. "L’inertie naturelle du milieu fait que les résultats sur la qualité des eaux ne seront pas immédiats. Pour autant, nous n’accepterons plus d’endosser le rôle du bouc émissaire".

Changements de pratiques ou d’assolement


Compte tenu de la diversité des pratiques et des productions sur ce territoire englobant 800 000 places de porcs, 8 millions en volailles, et 224 millions de litres de lait annuels, plusieurs types d’actions sont proposés, tant des investissements lourds dans la gestion des effluents, avec notamment la création d’une vingtaine d’unités de méthanisation, que des changements d’assolement en faveur d’une meilleure captation de l’azote. Sont à prévoir davantage de cultures fourragères pérennes pour un objectif de 5 000 ha sur le territoire, ainsi que l’implantation systématique de ray-grass sous-couvert entre deux maïs. Un accent particulier est mis sur les zones humides, dont le rôle dans les fuites azotées vers la baie s’avère prépondérant. Enfin, le plan implique un contrôle accru des exploitations en matière de fertilisation, et un suivi annuel des reliquats azotés avant drainage chez tous les agriculteurs sur un total de 4 800 parcelles.
Accompagnant ces évolutions sur le terrain, la chambre d’agriculture des Côtes d’Armor et les coopératives programment une série de réunions en novembre. Lesquelles ne seront pas de trop pour expliquer aux agriculteurs l’ampleur des mesures et des financements. La charte signée, tout reste à mettre en œuvre sur le terrain.
Audrey Dibet

 

Nouveau décret sur les plafonds d'épandage d'azote

Le 11 octobre un décret paru au journal officiel a modifié la surface prise en compte pour le calcul de la superficie épandable. Le plafond de 170 kg d'azote ne change pas, mais la superficie théorique prise en compte devient la SAU de l'exploitation.
D'un côté, les associations écologistes s'étranglent et dénoncent cette disposition, indiquant qu'elle va permettre de relever de 20% les quantités d'azote autorisées dans les plans d'épandage. Du côté de la chambre régionale d'agriculture (Crab) on s'agace de ces réactions d'Eau et rivière les estimant totalement infondées.
Jo Ménard, responsable environnement à la Crab, rappelle que cette évolution s'inscrit dans le cadre d'une harmonisation européenne et qu'on ne peut pas se revendiquer des règles européennes seulement lorsqu'elles sont plus contraignantes. Il indique, par exemple, que les Français sont soumis à des normes d'épandage à 170 kg d'N pendant que d'autres pays accordent des dérogations à 250 kg d'azote pour les prairies. Mais il rappelle surtout que les règles de fertilisation ne changent pas. Au final, l'épandage ne sera modifié qu'à la marge.
Enfin, les responsables régionaux indiquent que, dans un futur proche, les normes forfaitaires seront abandonnées pour mieux prendre en compte la réalité de chaque exploitation au travers de ces pratiques. En résumé, la pression et l'effort environnemental ne baissent pas, ne sont surtout pas remis en cause. Et cet épisode montre combien les écologistes ont toujours des difficultés à reconnaître les efforts des agriculteurs en matière d'environnement.

 

 

 
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