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PRIX DU PORC

L'été ne gomme pas la crise

Alors que les clignotants sont au vert, le prix du porc, sous influence du marché allemand, est incapable de compenser la hausse des coûts de production. Les éleveurs sont venus jeudi 28 juillet au Marché du porc, à Plérin, faire pression sur les acheteurs.

03 août 2011 E.Le Corre Vu 1200 fois
La filière porcine en plein désarroi. Le MPB, jeudi dernier.

La filière porcine en plein désarroi. Le MPB, jeudi dernier. - © tERRA

Des éleveurs de

 

porcs se sont rendus au MPB jeudi 28 juillet pour protester contre la dégradation du cours du porc. Le désarroi est à son comble. Pourtant tous les clignotants sont au vert : fluidité des enlèvements, bon niveau d'abattage, export en hausse, retour du beau temps…
Malgré tout, les producteurs de porc  continuent à s'enliser dans une grave crise. Le prix au MPB a coté en baisse de 0,4 centime lundi 25 juillet. D'où l'appel à la  mobilisation des FDSEA pour enrayer une fois encore la spirale à la baisse. La demande en porcs et la présence des éleveurs se sont-elles conjuguées ? Quoi qu'il en soit une nouvelle baisse a été évitée, avec une hausse de 0,8 ct à 1,30 €/kg de carcasse.



Mai, juin, juillet… un prix en berne

 

Depuis la chute des cours en mai, le prix du porc ne s'est pas redressé. Avec un prix de base moyen à 1,294 € sur les 6 mois de 2011, ce résultat est un des plus mauvais, avec 2008, pour les éleveurs, commente le Marché du porc breton, car "2008 et 2011 (provisoire) seront les deux seules années, depuis 1996, à voir le coût de revient supérieur à 1,50 €/kg".
En ligne de mire, le cours allemand en repli de 7 centimes. Baisse saisonnière de la consommation intérieure en Allemagne, crise économique en Espagne… Le bassin de production Pays-Bas, Belgique et Allemagne, connaît un déséquilibre offre-demande. "On est dans une guerre économique de bassin", évoque Daniel Picard, président du MPB. "L'Allemagne vient presser la France sur certaines pièces, dont le jambon".

L'accord du 3 mai en suspens

 

Côté syndical, on pointe les chiffres de la filière porcine : 30% des élevages en situation catastrophique, avec un taux d'endettement supérieur à 90% (hors façonniers). François Valy, représentant de la section porcine de la FRSEA, regrette que la rencontre avec le préfet de région, début juillet, n'ait débouché sur aucune mesure. "L'Etat ne fait rien", résume-t-il, dépité, listant les différents points abordés : les marges de la grande distribution et le rapport Chalmin, la mise aux normes bien-être au 1er janvier 2013 avec seulement, aujourd'hui, 35 à 40% des élevages aux normes. "Selon des chiffres de FranceAgrimer, la consommation de porc a baissé de 3,7% en 2010, alors, qu'en même temps, la marge des GMS a augmenté du d'autant". Quant à la mise aux normes bien-être, le problème reste entier. "C'est une loi européenne. Certains pays ne demandent pas de dérogation".
Dans le collimateur, aussi,de la FRSEA, le refus de la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT) de signer l'accord interprofessionnel du 3 mai, qui prévoit la réouverture des négociations commerciales en cas de forte variation des prix de l'alimentation animale. "Cet accord doit être absolument signé par la FICT", a prévenu François Valy, qui, dans le cas contraire, a annoncé de nouvelles actions syndicales en août.
Reste que, pour l'amont, la baisse du revenu résulte de l'incapacité du secteur abattage, découpe, transformation à répercuter les quelques centimes nécessaires auprès de leurs clients de la grande distribution. Ce qui n'empêche pas le représentant de la FRSEA de balayer devant sa porte. L'organisation en amont est indispensable. "Chaque groupement de producteurs veut sauver son volume. Cela ne sert pas l'intérêt général". Associa-tion d'organisation de producteurs, plate-forme de vente… "Il faut s'organiser à la vente…". Et continuer à apporter le cochon au MPB. "Ce n'est pas par la vente en directe que l'on fera pression sur les abatteurs", rappelle-t-il.

Emmanuelle Le Corre

 

 

 
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