Jean Yves Le Drian et l'exemple de Ploemeur
Avant de boucler la consultation régionale sur l'avenir de l'agriculture, Jean Yves Le Drian, président du conseil régional, est venu prendre la mesure de la pression foncière qui s'exerce sur les exploitations en zone littorale ou urbaine, ici à Ploemeur, au Gaec de Kergalan. - © terra
"Nos terres, c'est une peau de chagrin", raconte Jean Claude Esvan installé en 1983 sur l'exploitation. "On est toujours à la merci d'un projet", enchaîne Gaël Thierry, son associé depuis 2001. De 100 ha, à l'origine, à 87 ha, la SAU qui reste est louée auprès de 35 propriétaires différents entre Larmor Plage et Ploemeur. Dans la stabulation qui loge 65 vaches laitières produisant les désormais 479 000 litres du quota, Jean Yves Le Drian, président du conseil régional, écoute. "19 ha sont partis à l'urbanisation. En 2012, nous en perdrons 13 ha supplémentaires pour le centre de vie du FC Lorient et la Thalasso de Larmor", détaillent, amers, les associés. Car, si cette perte est en partie compensée par 7 ha attribués, "c'est à 1/2 heure de route, un sacré trajet en tracteur à l'heure où l'on parle de regroupement foncier et d'économie d'énergie ! Et difficile d'y faire pâturer des bêtes, alors qu'on nous demande de faire de l'extensif". Pourtant, les associés se sont tournés, en complément, vers les circuits courts avec 10 vaches allaitantes et des veaux de boucherie. Depuis lors, au sein du village, s'est créée, en 2008, une association de consommateurs : "Champs en ville".
Activer les outil
Mais la pression foncière est sans fin. "Nous avons encore 720 exploitations sur cette zone littorale, enchaîne Alain Guihard, élu de la chambre d'agriculture du Morbihan, mais 1 100 ha disparaissent chaque année". SRU et loi littorale n'ont pas réussi à enrayer la mécanique de cette soustraction amplifiée par l'effet "Riviéra" de la côte Sud bretonne. Pour Jean Yves Le Drian, "vider le littoral de l'agriculture n'est pas ma conception de l'aménagement du territoire. Il faut garder l'équilibre, donc une agriculture en bord de mer". Selon lui, "la solution passe par la gestion de l'espace en partenariat". Avec volontarisme, insiste Laurent Kerlir, président de la FRSEA, "car nous avons les outils pour protéger l'activité. Il faut les activer ". "A chacun ses responsabilités", répond en substance Jean Yves Le Drian détaillant, "l'établissement public foncier Bretagne et sa dotation de 40 millions d'euros pour des réserves foncières, les Safer pour préempter et échanger des terres et les collectivités territoriales avec leur schéma de cohérence territoriale, pour éviter une trop grande consommation de terrains".
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