Etienne Bricet y croit
Une crise qui s'éternise depuis quatre ans, un ras-le-bol du matraquage exercé sur les éleveurs de porcs, boucs émissaires de la pollution, une pression foncière grandissante, tout cela cumulé, rien ne permet aujourd'hui à Etienne Bricet de "voir une lumière au bout du tunnel", vingt ans après son installation à Acigné (35) sur l'élevage familial.
Cet éleveur de porcs naisseur-engraisseur de 140 truies a eu une trésorerie "dans le rouge" en juin dernier, du fait d'un important stock de cochons et beaucoup d'aliments achetés à cette période a priori propice au cours du cochon. "L'arrivée des récoltes a permis de souffler un peu", souligne l'exploitant de 50 hectares de blé, maïs et colza, qui va pour la première année "stocker le maïs et l'incorporer à 50% dans la ration pour essayer de faire des économies". Adhérent au groupement Syproporcs, Etienne Bricet vend ses cochons toutes les semaines au cadran et achète l'aliment au Gouessant.
La mise aux normes de son élevage, réalisée en 2008, le pénalise aujourd'hui. Bien que satisfait d'avoir des bâtiments aux normes, Etienne Bricet n'aurait jamais envisagé ces investissements - 150 000 euros en tout dans la maternité collective, les gestantes, la mécanisation de l'alimentation et une tonne à lisier - s'il avait su pour la crise qui allait suivre. Il est aussi passé de 160 à 140 cochons à cette époque.
"Il faut que l'Etat prenne la mesure de la situation"
Pour son cas personnel, mais aussi dans une logique collective, il paraissait important à Etienne Bricet de faire partie de l'observatoire, afin que "l'Etat prenne la mesure de la situation difficile des éleveurs de porcs". Les difficultés des éleveurs pourront en effet être mises en exergue par le diagnostic financier compris dans ce plan d'accompagnement soutenu par les pouvoirs publics. Le problème, c'est qu' "il n'y a pas assez d'éleveurs à s'inscrire", selon Etienne Bricet qui a malheureusement constaté "des éleveurs découragés à y entrer par certains partenaires".
L'objectif du dispositif est de proposer une solution à l'éleveur pour permettre soit la continuité de l'activité par un plan de redressement, soit la cessation dans les meilleures conditions avec un accompagnement à la reconversion. Pour sa part, Etienne Bricet dit "envisager de changer de métier selon ce qui sera mis en place".
Pour plus d'information sur ce plan d'accompagnement dont la mise en oeuvre est assurée par les chambres d'agriculture de Bretagne, un numéro de téléphone est mis en place dans chaque département (détaillés dans votre quotidien)
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