Les GMS ignorent l’origine des produits agricoles
L’essentiel des débats du 29 septembre dernier à Nantes a porté sur l’accessibilité aux rayons de la grande distribution pour des entreprises de petite taille et de taille moyenne ne disposant pas des capacités ou de la volonté de passer par un référencement en centrale d’achats nationale.
L’ensemble des acteurs de la grande distribution présents, se sont accordé sur le fait que le point d’entrée à toute relation commerciale entre leurs enseignes et leurs futurs fournisseurs demeuraient les chefs de rayons.
Conscients des lourdeurs administratives liées à une procédure de référencement national, les responsables d’enseignes ont invité les fournisseurs à bâtir des relations de proximité directement avec les magasins en testant leurs produits dans un point de vente par le biais d’animations. Puis, grâce à leur réactivité commerciale et à leur proximité géographique qui sont des atouts de premier plan, elles pourront progressivement augmenter leurs volumes et viser un référencement en centrales régionales.
Un thème absent des discussions
Le thème de l’origine géographique des matières premières a été très peu évoqué et ne semblait pas une question centrale dans la définition d’un produit local. Le lieu de transformation, l’impact environnemental et la sauvegarde de l’emploi semblaient primer sur une réelle identification de l’origine des matières premières mises en œuvre. Pour preuve, la définition qu’un responsable régional d’enseigne donne d’un produit régional est la suivante : "un produit qui n’est pas traité au niveau national" et celle d’un produit local : "un produit qui n’est pas traité au niveau régional" ! Les critères du "local" semblent donc davantage liés aux fonctionnements internes des procédures de référencement et de gestion des produits par les enseignes qu’à l’origine des matières premières.
"Les locavores" : tendance lourde de consommation
L’intervention d’un expert d’un cabinet conseil en marketing, spécialisé dans les panels et les tendances de consommation, a qualifié le phénomène "locavore" de tendance lourde de consommation pour les années à venir, contrairement à une mode de consommation, n’ayant pas vocation à s’installer dans la durée.
Présents dès 2009, la prise en compte de la hausse du prix du pétrole, la recherche de réassurance à travers la proximité, la prise en compte du développement durable et le renforcement de la problématique de nutrition-santé par les consommateurs se sont amplifié et convergent vers une consommation devenue plus responsable qui pourrait se résumer ainsi : "acheter plus juste et ne plus juste acheter plus".
La prise en compte de cette demande croissante pour plus de produits ruraux issus des territoires où vivent les consommateurs par la grande distribution sera un facteur clé de succès pour les années à venir.
Pour preuve, cette recherche de proximité des enseignes se traduit par un redéploiement stratégique du format supermarché au détriment de l’hypermarché et les nombreuses campagnes de communication de la grande distribution visant à promouvoir leurs initiatives locales.
Cependant, afin de répondre pleinement à cette tendance de fond et éviter toute confusion possible dans la définition d’un produit local, la question de l’origine des matières agricoles utilisées dans l’élaboration des produits finaux devra être traitée de manière tout à fait transparente par l’ensemble des acteurs afin de ne pas "survoler" un sujet majeur et fondateur pour l’avenir et la pérennité de notre agriculture.
Jean-Marie Briand.
Pôle nouveaux marchés Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Retrouvez, chaque semaine, toute l'information dans votre journal TERRA - terragricoles de Bretagne.
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 -
TERRA - terragricoles de Bretagne.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de
droits d'usage,
en accepter et en respecter les dispositions.































