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Les coopératives de l'Ouest regardent au-delà des frontières

Fières de leurs racines que constitue l'ancrage territorial, les coopératives de l'Ouest veulent développer leurs ailes, en innovant et exportant. Pour y arriver, elles misent sur la dimension européenne.

07 juillet 2011 Cécile Julien Vu 951 fois
Stéphane Le Foll, député européen, est intervenu lors de l'assemblée générale de Coop 
de France Ouest, que préside Jean-Marie Gabillaud.

Stéphane Le Foll, député européen, est intervenu lors de l'assemblée générale de Coop de France Ouest, que préside Jean-Marie Gabillaud. - © tera

Poursaisir les opportunités d'une demande mondiale croissante et d'un secteur agricole qui a, à nouveau, les faveurs des financiers, les coopératives bretonnes, ligériennes et normandes font le choix de l'internationalisation. Elles se sentent pleinement européennes. Elles l'ont réaffirmé lors de leur assemblée générale de Coop de France Ouest le 1er juillet. "La plupart des décisions se prennent à l'échelon européen, nous devons en prendre conscience, affirme Jean-Marie Gabillaud, président de Coop de France Ouest. L'Europe reste le plus grand marché solvable, avec des consommateurs aux attentes variées. L'international est un relais de croissance dont nous ne pouvons nous passer". Pour mieux saisir cet enjeu et découvrir le fonctionnement de leurs consœurs, les coopératives de l'Ouest sortent des frontières hexagonales. "Nous devons apprendre à travailler avec des coopératives d'autres pays pour contrebalancer le fait que nous soyons excentrés dans une Europe qui se développe à l'Est", estime leur représentant.


Relais de croissance

 

Pour s'attaquer à l'export, les coopératives savent qu'elles doivent jouer groupées. "Pour entrer dans un nouveau pays, il faut jouer la carte France, une seule entreprise n'arrivera jamais à faire le poids", estime Jean-Marie Gabillaud. Un regroupement qui peut être aussi salutaire sur le marché intérieur. "Sans pour autant tout fondre dans une seule coopérative", nuance le président de Coop de France Ouest. Quitte à avoir de l'ambition pour l'Europe, les coopératives de l'Ouest voudraient bien voir la PAC évoluer vers un nouveau modèle, plus à même de donner de la compétitivité aux filières.
Pour les coopératives, cette conquête internationale a un seul but : dégager de la valeur ajoutée à retourner aux sociétaires. Cette volonté de soutien des outils économiques s'est illustrée l'an dernier. "C'est certainement l'année où les coopératives ont le plus redistribué de dividendes pour aider leurs sociétaires à passer cet exercice difficile, constate Jean-Marie Gabillaud. Et ce, au détriment de leurs propres investissements". Et de remarquer "quand les temps sont durs, les agriculteurs se rapprochent plus des coopératives".
Sur tous ces sujets, Coop de France Ouest anime la réflexion. "Nous avons trop souffert des non-choix, déplore Jean-Marie Gabillaud. Nous devons éviter de louper des opportunités en étant plus présent auprès des instances décisionnelles". Telle est l'ambition de Coop de France Ouest.

 

"L'Ouest doit être moteur dans l'évolution des modèles agricoles"

En écho à leurs attentes européennes, les coopératives de l'Ouest ont invité Stéphane Le Foll, député européen. S'il est un européen convaincu, Stéphane Le Foll trouve que l'Union manque de moyens et de gouvernance. "Il est nécessaire que l'Union ait des ressources propres pour en finir avec les discussions de marchands de tapis sur la contribution des Etats", explique le député socialiste. Il voit dans les flux financiers une ressource possible.
L'agriculture est revenue au cœur des débats européens. "C'est un secteur stratégique, y compris parce que 30 millions d'européens ont un accès difficile à l'alimentation", souligne le député européen. Après beaucoup de craintes, le budget agricole d'après 2013 a été sauvé à son niveau actuel. "C'est déjà une victoire", apprécie Stéphane Le Foll. Reste qu'après 2013, les outils de la PAC vont changer, avec déjà d'inévitables questions sur l'environnement, le social, de plafonnement des soutiens... "Je suis partisan d'une dégressivité intelligente, explique l'homme politique. On peut expliquer les aides, quand il y a de l'emploi, de la production de biens publics derrière. Quitte à appliquer de la modulation pour les exploitations qui n'apportent pas ces plus values à la société". En terme d'environnement, le député socialiste penche pour "la création de contrats d'objectifs, une source de progrès environnemental".
Avec la diversité de ses productions et ses capacités de transformation, l'Ouest a de quoi tirer son épingle dans le jeu européen. "A condition de sortir de la banalisation des produits", encourage Stéphane Le Foll. Grâce à sa polyculture-élevage et aux efforts déjà réalisés, le député suggère aux agriculteurs de l'Ouest d'être précurseurs dans l'agriculture écologiquement intensive. "L'Ouest a des atouts, il peut être moteur dans l'évolution des modèles agricoles".

 

 

 
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