Les céréales, aussi, se binent
Agrobio35 a organisé, mercredi 9 mars, une démonstration de binage sur céréales. La bineuse est installée à l'avant pour un meilleur guidage. A l'arrière, une herse étrille vient casser les mottes. - © terra
En bio comme en conventionnel, le binage a fait ses preuves pour le désherbage du maïs. A la recherche de techniques efficaces, des producteurs bio l'ont testé en céréales. Cela fait deux ans que Christian Mogis, agriculteur à Pacé (35), s'est lancé dans le binage. "Je trouve le binage efficace, argumente-t-il. Pourtant, comme mes céréales sont destinées à l'alimentation humaine, je suis très exigeant sur la propreté de mes cultures". L'agriculteur effectue donc deux binages à un mois et demi d'intervalle. Dans le courant de l'hiver, il est déjà intervenu avec une houe, en diagonale du semis pour nettoyer sur les rangs, avec un passage fin novembre et un autre en février. "Le binage est d'autant plus efficace qu'il y a 3, 4 jours secs après, remarque l'agriculteur. 50% des adventices sont détruites, reste celles qui sont sur le rang. En maîtrisant bien la rotation, ça permet de contenir le salissement. En plus, ce travail superficiel du sol limite la battance".
A prévoir dès le semis
La herse étrille est surtout efficace sur des adventices très jeunes. Alors que la bineuse arrive à "scalper" des mauvaises herbes plus avancées. Cette technique permet donc de passer plus tard. Elle peut être utilisée jusqu'au stade montaison. Le travail se fait à moins de 5 cm, il n'y a donc pas besoin de beaucoup de puissance de traction. Par contre, la conduite doit être très précise pour rester bien dans le rang. Il existe aussi des systèmes de guidage automatique. Une bineuse coûte entre 10 et 12 000 euros. Un système de guidage automatique doublera la facture.
Reste que pour pouvoir biner des céréales, il faut que le semis ait été prévu pour cette technique. Il faut un écartement suffisant - environ 30 cm - des rangs pour que les dents de la bineuse nettoient l'inter-rang sans détruire les plantes. Les agriculteurs ne sèment donc qu'un rang sur deux, mais conservent la même densité de semis. "Il semble que le rendement soit globalement maintenu, témoigne Gaëtan Johan, d'Agrobio 35. Nous faisons des essais pour réduire la densité de semis et voir si le tallage compense cette baisse"
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