Satisfait mais attentif
"Cela va dans le bon sens, reconnaît-il. Les organisations professionnelles, les associations environnementales et celles des consommateurs, ainsi que le conseil régional, sont d'ailleurs sur les mêmes bases pour l'évolution de cette PAC". Cette position dépasse largement le cadre de la Bretagne, puisque, comme l'a rappelé le vice-président, les quatre conseils régionaux du grand Ouest(1) ont lancé une réflexion en commun et pris des positions partagées.
Des points à améliorer
Michel Morin voit donc dans les pistes avancées par le Commissaire européen des "avancées conséquentes par rapport aux visions du passé. Toutefois, il reste des points à améliorer, car on sent dans cette communication le compromis avec les ultra-libéraux". Dans le plateau "positif" de la balance, il place en premier le fait que la nécessité d'une politique agricole commune ait été réaffirmée. Vient ensuite la double reconnaissance de la place de l'agriculture dans la vie des territoires et de toutes ses dimensions : alimentaire, économique, écologique, sociale et territoriale.
De l'autre côté de la balance, Michel Morin pointe justement la faiblesse du texte en matière économique. "On y parle de revenu, mais comment assurer sa pérennité en cas d'aléas ? Nous déplorons que l'agriculteur reste face à la loi du marché et que le filet de sécurité soit insuffisant". Ce, d'autant plus que l'élu breton note que la régulation des marchés ou la protection aux frontières sont mises sous la responsabilité d'autres Commissaires européens.
La dimension sociale évoquée par Dacian Ciolos éveille aussi en lui la prudence. "Il faudra veiller à ce que la prise en compte du volet "emploi" dans les financements aille jusqu'au bout et que la Commission ne varie pas sur cette question", s'inquiète-t-il tout en reconnaissant que "le pays d'origine du Commissaire européen et sa formation en Bretagne plaident en la faveur d'une poursuite en ce sens".
Quel budget ?
Encore plus porteur d'interrogations est pour lui, comme pour beaucoup d'autres, l'avenir du budget de l'Europe en général et de la PAC en particulier. La situation de la Grèce, hier; de l'Irlande, aujourd'hui; et peut-être du Portugal, demain, inquiète. "Moins de 40% du budget de l'Europe consacrés à l'agriculture : ce ne serait pas tenable", lance-t-il. Et de souligner aussi que "l'intérêt général défendu par le Parlement va se heurter aux intérêts particuliers défendus par les chefs d'Etat et de gouvernement. Or, ces derniers sont majoritairement des libéraux et ultra-libéraux. Que veut, par exemple, Nicolas Sarkozy ? Nous n'avons pas de lisibilité".
Bref, pour Michel Morin, l'heure n'est pas venue de baisser les bras. Bien au contraire ! L'action des quatre régions auprès des instances bruxelloises va se poursuivre et se matérialisera, notamment, par l'organisation conjointe d'un colloque d'une journée, à Bruxelles, le 25 janvier prochain.
Par ailleurs, au travers de la perspective de la régionalisation de la future PAC et d'une co-construction peut-être partagée avec les régions, "la région Bretagne, a annoncé Michel Morin, va aller à la rencontre des professionnels pour construire une "nouvelle alliance" avec ses agriculteurs qui se traduira par onze forums publics programmées début 2011 ainsi que par le lancement prochain d'un site internet, première étape de cette consultation"
(1) Ces 4 régions représentent 20% des productions végétales françaises et 49 % des productions animales.
Quel budget ?Encore plus porteur d'interrogations est pour lui, comme pour beaucoup d'autres, l'avenir du budget de l'Europe en général et de la PAC en particulier. La situation de la Grèce, hier; de l'Irlande, aujourd'hui; et peut-être du Portugal, demain, inquiète. "Moins de 40% du budget de l'Europe consacrés à l'agriculture : ce ne serait pas tenable", lance-t-il. Et de souligner aussi que "l'intérêt général défendu par le Parlement va se heurter aux intérêts particuliers défendus par les chefs d'Etat et de gouvernement. Or, ces derniers sont majoritairement des libéraux et ultra-libéraux. Que veut, par exemple, Nicolas Sarkozy ? Nous n'avons pas de lisibilité".Bref, pour Michel Morin, l'heure n'est pas venue de baisser les bras. Bien au contraire ! L'action des quatre régions auprès des instances bruxelloises va se poursuivre et se matérialisera, notamment, par l'organisation conjointe d'un colloque d'une journée, à Bruxelles, le 25 janvier prochain.Par ailleurs, au travers de la perspective de la régionalisation de la future PAC et d'une co-construction peut-être partagée avec les régions, "la région Bretagne, a annoncé Michel Morin, va aller à la rencontre des professionnels pour construire une "nouvelle alliance" avec ses agriculteurs qui se traduira par onze forums publics programmées début 2011 ainsi que par le lancement prochain d'un site internet, première étape de cette consultation". Pascal Denis܀
(1) Ces 4 régions représentent 20% des productions végétales françaises et 49 % des productions animales.
Le verdissement : une chancePour Michel Morin, "la grande nouveauté" de cette future PAC réside dans l'orientation écologique prise par Dacian Ciolos. Le "verdissement" de la PAC, l'exigence du développement durable prise en compte, confirment, pour lui, les orientations prises par le conseil régional et ses choix de financement. "C'est finalement une chance pour l'agriculture bretonne. On ne peut que se réjouir de cette dose de bretonitude dans le texte de Dician Ciolos".
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