Des pressions jugées inacceptables
A Châteaulin, les producteurs ont brûlé leurs contrats, une façon de faire savoir à Lactalis qu'ils refusent de les signer. A Pontivy, les producteurs ont rencontré le directeur du site et dénoncé le nouveau contrat - © claire le clève
Le ton monte. De cette nouvelle version de contrat arrivée dans les exploitations, les producteurs de lait bretons Lactalis ne veulent pas, pas plus que de sa précédente mouture. « Il n'y a aucune raison de la signer », pour Frank Guéhennec. Ni maintenant, ni avant le 30 novembre comme le presserait de le faire le groupe mayennais, premier groupe laitier mondial. "Non à la dictature et au harcèlement moral", ont affirmé avec force les producteurs présents à Châteaulin jeudi. « Je trouve inacceptable la pression mise par ultimatum sur les producteurs », a dénoncé Frank Guéhennec, le lendemain, à l'issue d'une rencontre entre une vingtaines de producteurs de l'APLBL et Bruno de la Péchardière, directeur du site industriel de Pontivy .
Pressions
Un procédé que les producteurs récusent tout comme la pression « que Lactalis met sur ses commerciaux, avec primes à la clé, pour ramener des contrats signés », déplore l'APLBL. Pression encore quant à la « menace sur la collecte que ferait peser la non signature. Ou encore, ceux qui ne signeraient pas seraient payés en trois fois en décembre contre 2 paiements pour les signataires.» listent les membres de la délégation. "L'entreprise divise pour mieux régner". Un traitement totalement inéquitable pour l'APLBL qui pointe également l'entorse à la cessibilité du contrat tacite, qui prévaut encore actuellement pour un futur repreneur et qui, en cas de refus de signer, deviendrait caduque. « C'est une attaque à la valeur patrimoniale de nos entreprises », s'insurge Frank Guéhennec. La veille, pour signifier leur refus de céder, des producteurs finistériens de l’association ont brûlé à Châteaulin les contrats qui leur étaient parvenus.
APLBL dénonce un passage en force
Car la nouvelle version proposée n'est «toujours pas assez équilibrée. Elle ne reconnaît pas l'organisation de producteurs et sème le doute dans les esprits», pour le président de l'association qui vise à fédérer les 700 producteurs armoricains (14 300 producteurs en France et 5 milliards de litres lait). « Les producteurs doivent pouvoir peser sur l'avenir de leur lait », réclament les membres de l'association qui souhaitent faire revenir le géant laitier mayennais à la table des négociations. La LMA devait donner aux organisations de producteurs la possibilité de peser dans cette partie par leur reconnaissance. Faute de décret d'application, l'intention reste sans effet, à la grande déception de l'APLBL. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir tenté de jouer la carte de la négociation depuis l'été dernier. Mais le ton est en train de changer. Le médiateur de la république a été saisi par l’association qui fourbit déjà des armes juridiques et répète qu'il n'a jamais été aussi urgent de ne rien signer. « La masse de non signatures de ce contrat va permettre de faire aboutir la négociation et un contrat équilibré entre nous et Lactalis » martèle Frank Guéhennec. "Aujourd'hui, la prise de position des éleveurs est aussi importante que la mise en place des quotas laitiers, en 1983, rajoute André Pétillon, à la tête des éleveurs finistériens de Lactalis. Signer aujourd'hui ces contrats empêchera de main de donner du poids à l'OP".
Claire Le Clève et Chantal Pape
Légende : A Châteaulin, les producteurs ont brûlé leurs contrats, une façon de faire savoir à Lactalis qu'ils refusent de les signer.
A Pontivy, les producteurs ont rencontré le directeur du site et dénoncé le nouveau contrat
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