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GROUPAMA ET L'ASSURANCE RÉCOLTE

Comme une introduction à la culture du risque en agriculture

Une seule petite case à remplir d'une croix dans votre prochaine déclaration PAC, une démarche parallèle auprès de votre assureur et vos cultures seront assurées contre les risques climatiques. C'est l'une des grandes nouveautés de la déclaration PAC 2010 qui, en enterrant en 2009 le mécanisme calamités agricoles pour les céréales, ouvre la voie à un système assurantiel. Le point sur cette nouveauté avec Christian Cochennec, directeur général de Groupama Loire Bretagne qui propose une telle assurance récolte en espérant bien que les agriculteurs suivront. Tout les y incite, à commencer par la prise en charge par une subvention maximum de 65% du coût de cette assurance.

26 mars 2010 Paul Jegat Vu 1718 fois
Christian Cochennec, directeur général de Groupama Loire Bretagne.

Christian Cochennec, directeur général de Groupama Loire Bretagne. - © Terra

Vous êtes-vous fixé un nombre d'agriculteurs souscripteurs d'une assurance récolte pour 2010 ?
Christian Cochennec. "Non, nous ne nous sommes fixé aucun objectif quantitatif. Nous considérons que notre priorité est d'informer les exploitants. Nous sommes dans une région où le risque climatique sur les cultures est peut-être moins important qu'ailleurs, de ce fait le niveau d'assurance récolte est aussi beaucoup moins élevé qu'il peut l'être dans d'autres régions plus exposées, où la notion de risque est vraiment prégnante. De ce point de vue, on peut effectivement considérer qu'il s'agit d'une année de départ pour l'assurance récolte. D'une certaine façon, c'est le cas puisque les céréales sont exclues du dispositif de calamités agricoles depuis 2009. Cela veut dire qu'en cas d'aléa climatique aux conséquences fortes sur les récoltes, il n'y aura aucune compensation des pertes. La seule manière de se protéger sera donc de s'assurer".

Quels sont les arguments qui plaident en faveur de cette assurance ?
C
.C. "Le premier est que cette offre d'assurance récolte permet de se couvrir face aux conséquences des aléas climatiques. Ce serait vraiment dommage que les agriculteurs passent à côté de cette offre, dans la mesure où son coût est pris en charge à 65% par une subvention. 
Le prix de l'assurance restera très modeste, de l'ordre de 6 euros l'hectare de culture en moyenne. Toute la difficulté, pour l'agriculteur, comme pour l'assureur, est de bien percevoir le risque. Mon expérience d'assureur m'incite à penser qu'il faut effectivement s'assurer. Je me permets d'insister sur un point : si, en Bretagne, le risque d'aléa climatique est moindre que dans d'autres régions, ce risque subsiste néanmoins. Quant au montant de l'assurance, très modique, il tient compte de cette moindre probabilité de risque. Et puis il faut garder à l'esprit que le coût de cette assurance récolte est en partie pris en charge dans le cadre d'une enveloppe Etat-Europe de 133 millions d'euros. Cette somme étant le fruit d'une redistribution des aides PAC, il serait donc logique qu'elle profite à tous les agriculteurs. Si les exploitants de l'Ouest ne s'assurent pas, c'est toute une partie de cette aide redistribuée dans cette subvention assurance récolte qui quittera la région".

On peut imaginer que la disparition du fond de calamités agricoles pour les céréales et son remplacement par un produit d'assurance trouble un peu les agriculteurs ?
C.C. "Ce qu'il faut aussi retenir de cette offre d'assurance, c'est qu'elle introduit une culture du risque. C'est la vraie difficulté de cette logique de l'assurance récolte, il faut que les exploitants  développent cette culture du risque, c'est très important. Chez nous, le risque est plutôt faible pour une assurance au coût plutôt faible, ce qui ne veut pas dire que, pendant toute une vie, on n'en verra jamais la couleur. Cela veut dire que, au cas où le risque surviendrait, l'assurance pourrait jouer son rôle. Et là, en une seule occasion, on aura récupéré peut être beaucoup plus que ces cotisations de toute une vie.
C'est le principe même de l'assurance".

Aujourd'hui, les agriculteurs se voient proposer une assurance récolte. A quand une assurance revenu ?
C.C. "L'assurance récolte repose sur un mécanisme de quantité, à un prix déjà fixé. Quand on assure un exploitant pour un rendement de 75 quintaux, celui-ci bénéficiera donc d'une indemnisation à hauteur de 75 quintaux. Garantir un revenu au travers d'une assurance, c'est une toute autre logique; l'approche est beaucoup plus compliquée.
Groupama y travaille, notamment en production de céréales, en réfléchissant à une formule qui tienne compte des fluctuations de prix et des quantités, qui garantirait un prix tel qu'observé au moment de la récolte. Mais, dans un contexte de marché mondialisé, ce n'est pas simple. Alors une assurance revenu, oui ! Mais mettons déjà en place une assurance qui réduise les conséquences des variations de quantités. Ainsi on peut réduire une partie du risque, et peut être, demain, trouverons nous une solution pour réduire une partie de l'aléa prix".

 

 

 
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