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GAEVOL

Regagner en compétitivité

Les filières françaises de volailles de chair ont besoin d'améliorer leur compétitivité par rapport aux autres pays européens. C'est le constat que dressait le Gaevol lors de son AG le 8 avril à Pontivy.

14 avril 2011 Audrey Dibet Vu 1304 fois
A la tribune, Stéphane Athimon, animateur du Gaevol, Stéphane Dahirel, président et Jérôme Moy, vice-président.

A la tribune, Stéphane Athimon, animateur du Gaevol, Stéphane Dahirel, président et Jérôme Moy, vice-président. - © Terra

Les volailles gagnent du terrain proportionnellement aux autres viandes, en termes de consommation en France. C'est une bonne nouvelle dont on ne peut pas vraiment se réjouir vu la part croissante des produits importés. "40% de la production de poulet standard est importé", souligne en effet Stéphane Athimon, animateur du Gaevol, le groupement associatif des éleveurs de volailles, adossé au groupe Glon. Un groupement qui réunit aujourd'hui 405 éleveurs, dont 280 en Bretagne, sur 717 954 m2 de parc bâtiments (en hausse de 1%).


Des contraintes insupportables

Pourtant les résultats techniques ne sont pas moins bons en élevage. Ils ont même continué à s'améliorer pour les éleveurs du Gaevol, en 2010, avec une diminution significative des indices de consommation et une progression des poids moyens en poulets et en dindes. Ainsi, les marges PA/m2/lot ont progressé, passant par exemple de 9,4 à 10,3 ? de 2009 à 2010 en moyenne en poulets Princior.
Cependant, "les contraintes réglementaires, en particulier liées à l'environnement, deviennent de plus en plus insupportables", juge Stéphane Dahirel, président du groupement. En Bretagne, le respect d'un maximum de 90 unités de phosphore aura notamment de sérieuses conséquences sur les plans d'épandage dans les bassins versants de plans d'eau douce concernés par l'eutrophisation.
Les projets photovoltaïques ne sont pas non plus encouragés alors que "dans d'autres pays, 20% du revenu des aviculteurs est assuré par la vente d'énergie", remarque Antoine Leneuveu, en charge des aspects énergie. Chez les éleveurs du Gaevol, précise-t-il, "à peine plus de 25% de la puissance en projet a effectivement été installé en 2010 compte tenu de l'évolution des tarifs de rachat".
En outre, la hausse du prix des matières premières augmente le coût de production de la volaille de 17% sortie abattoir, alors qu'à peine 6% est répercuté sur le prix de vente. "Le risque marché est surtout concentré sur les abattoirs. Nous n'avons pas la capacité de continuer à accuser de telles pertes semaine après semaine", estime Paul Lopez, directeur des volailles de Keranna, qui en appelle à plus de solidarité dans la filière le temps de retrouver une période de saisonnalité plus favorable.


Perspectives et aide à la construction

Si la France est toujours leader en Europe pour la volaille, sa production stagne contrairement à l'Allemagne et au Royaume-Uni qui la rattrapent à grands pas. Pour Paul Lopez, "il faut aller rapidement dans la démarche de cahier des charges français pour réassurer le consommateur". Voulu le plus simple possible, celui-ci permettra d'apposer une indication d'origine, jusque "sur les produits transformés où la part d'importation est la plus importante", espère Paul Lopez.
Le marché de la dinde est en régression avec des abattages divisés par deux en dix ans. Pour gagner en compétitivité, "la filière doit s'orienter vers un alourdissement du cheptel et un meilleur rendement en filet, quitte à aller chercher de nouvelles souches", analyse Claude Guillesser, directeur de l'entreprise de produits élaborés RVE. Ce qui revient à adopter la même démarche que celle, déjà aboutie, du Gaevol en poulet.
Le manque de visibilité menace les élevages et le reste de la filière dans leur continuité. Le groupe Glon qui, selon son directeur Eric Philippe, a "la volonté d'accompagner les éleveurs entrepreneurs vers des modèles performants et durables", va améliorer les aides à la rénovation et à la construction aux côtés du Gaevol. "L'aide au bâtiment neuf passe de 5 à 10 ?/m2", détaille Stéphane Athimon. Il ne s'agit pas de lier l'éleveur pendant des années. C'est juste une étincelle pour démarrer et construire dans la durée".

 

 

 
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