Une production moderne pour une agriculture durable
P
remier volet de ce rapport : le besoin de communiquer exprimé par les producteurs sur leur métier. Si l’objectif de faire parler du cidre à des fins commerciales et donc de pérenniser les débouchés est clairement affiché, renouer le dialogue avec la société est un autre but avoué. "Aujourd’hui, ce lien est distendu sans que le retour à la campagne ne le renoue forcément. Souvent, c’est le village qui se transforme en ville. Les nouveaux arrivants transposent la vie citadine dans un cadre plus vert . Nous voulons relancer un dialogue constructif, régulier et pas uniquement dans l’urgence d’une crise qui remette l’agriculture à l’honneur dans les médias comme ce fut le cas récemment avec la sècheresse ou le concombre", déplore Patrick Guyon. Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit en d’autres termes.
Toiletter l’image
Autre axe de travail : le toilettage de leur image. Celle véhiculée par les JT (Journaux télévisés), sauce, par exemple, Jean-Pierre Pernaud (TF1), ne correspond pas à la vérité. "Les producteurs de fruits à cidre et élaborateurs de cidre sont considérés comme peu modernes, très traditionnels, peu équipés technologiquement. Bref, comme dans le bon vieux temps", résume Thomas Pelletier. On s’éloigne de la vérité. Alors la FNPFC propose un véritable plan "mots clés". Elle invite les producteurs, quand ils échangent avec des tiers sur leur métier et leur produit, a parler de "qualité, d’hygiène, de technologie, de maîtrise de l’élaboration, d’analyse, de sécurité...". Le poids des mots contre celui des clichés poussiéreux.
Respectueux de l’environnement, donc durable
Le concept de l’agriculture durable est très en vogue. Un atout supplémentaire pour le verger qui s’inscrit dans le temps. "Les pommiers à cidre sont durables par définition parce qu’ils vivent longtemps et que le verger représente pour les producteurs un projet de 25 ans, voire plus. C’est-à-dire un véritable investissement, un projet de vie professionnelle", insiste Olivier Lebreton. Un projet donc dans le temps mais aussi avec le temps et ses aléas climatiques (froid, chaleur, manque ou excès d’eau, grêle...). Pour y faire face, les producteurs attendent des réponses techniques. Ils peuvent compter sur la recherche et développement, notamment à travers l’IFPC (Institut français des productions cidricoles), pour faire bouger les lignes de la connaissance. En conséquence : "le producteur améliore sans cesse ses pratiques pour mieux tenir compte des besoins de la société, pour rassurer les consommateurs mais aussi ses voisins non agricoles, pour garantir la santé de ses arbres et de ses vergers", note le rapport.
Rentable pour être durable
Reste que toute cette démarche n’a de sens que si l’économique fonctionne. "Cela passe par une rentabilité de sa production avec des outils appropriés : un contrat-type interprofessionnel comportant des clauses indispensables qui pourront être complétées par les co-contractants. Notam-ment une indexation du prix de la pomme, une grille d’agréage interprofessionnelle, des agréeurs formés et certifiés", propose Patrick Guyon. Si l’absence des transformateurs n’a pas permis de lancer le débat, la FNPFC, à travers son rapport, réaffirme sa fonction syndicale et la mission de défense des intérêts des producteurs qu’elle entend bien poursuivre. "Notre filière est structurée depuis 20 ans par des contrats qui ont été ces dernières années fondamentalement revus et retaillés pour répondre à des objectifs de gestion à court terme et de baisse des prix. Ils sont à présents figés et n’évoluent plus. Il faut les ré-oxygéner et le contexte général agricole, concrétisé dans la LMAP, traduit bien l’importance d’un tel outil pour la durabilité des filières agricoles dans leur globalité". Unanimité dans la salle. Après avoir consenti des efforts au nom de la restructuration des outils aval, les producteurs réclament une revalorisation du prix de la pomme, d’autant plus que la part de matières premières dans une bouteille de cidre reste limité.
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