Olivier Lapierre plaide "la voie de l’intensification écologique"
Olivier Lapierre est agronome, professeur à AgroParisTech et directeur du Céréopa (centre d’étude et de recherche sur l’économie et l’organisation des productions animales) - © Audrey Dibet
L'intervention d'Olivier Lapierre, en introduction du forum énergie organisé par les chambres d’agriculture de Bretagne le 6 décembre à Noyal-Pontivy (56), a tout de suite donné le ton. Il montre notamment que la recherche de productivité est un des leviers dont dispose l’agriculteur pour améliorer la performance environnementale de son exploitation, en termes de consommation d'énergie, directe et indirecte, et d'impact sur les gaz à effet de serre (GES).
En grandes cultures par exemple, bien que la fertilisation ait un rôle prépondérant, de plus de 80% sur les émissions de GES, "une sous-fertilisation est loin d’améliorer la performance énergétique, et les besoins de surface supplémentaires sont non négligeables", souligne Olivier Lapierre, qui préconise "un pilotage très fin de l’apport d’azote et de l’estimation de rendement" pour "aller chercher le dernier quintal, pas plus pas moins".
De même, en productions animales, baisser l’indice de consommation du porc de 3,0 à 2,7 représente 10% de GES en moins, soit 140 kg CO2 par tonne de carcasse, l'équivalent d'un déplacement de camion vers l’Ukraine. Aussi l’éleveur n’est pas à seul, face à ce challenge. Les fabricants d'aliment en particulier, ont un rôle à jouer non négligeable sur le coût carbone, par leur choix de formulation et par l'origine des différentes matières premières.
Des leviers contextuels
L'agriculture représenterait aujourd'hui 7% des consommations d'énergie et 15% des émissions de GES au niveau mondial, selon le dernier rapport de la FAO. Pour compenser localement les consommations d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre incompressibles, la méthanisation est selon Olivier Lapierre, le moyen le plus intéressant en termes de performance environnementale. Viennent ensuite les cultures énergétiques et les panneaux solaires.
Mais "attention, les leviers sont toujours contextuels", insiste-t-il, les solutions pouvant varier selon les conditions de sol et de climat. Solutions qui devront être en outre arbitrées selon différents critères, économiques, de main d'œuvre ou de surface. La réussite de leur mise en œuvre étant entres autres conditionnée par une réflexion collective cohérente à l'échelle du territoire.
Olivier Lapierre a enfin rappelé que si l’énergie représente un enjeu économique important pour l’agriculture, c'est aussi un enjeu de communication fort pour un public de plus en plus sensibilisé aux questions d’empreinte carbone, et peut-être bientôt une condition d’accès au marché.
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Retrouvez, chaque semaine, toute l'information dans votre journal TERRA - terragricoles de Bretagne.
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 -
TERRA - terragricoles de Bretagne.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de
droits d'usage,
en accepter et en respecter les dispositions.
































