Retrouver une communication positive
Tout a commencé en 2006, par un rapport très critique de la FAO. Intitulé "la grande ombre de l'élevage", il indiquait que 18% des émissions de gaz à effet de serre étaient liés à l'élevage. Plus que le transport ! "Depuis, ces chiffres ont été repris en boucle par la presse mondiale, rapporte André Le Gall, de l'Institut de l'élevage. Avec un seul message : pour réduire l'émission de gaz à effet de serre, il faut diminuer l'élevage". Et diminuer aussi notre consommation de viande rouge et de produits laitiers, responsables, à eux seuls, de 50% de l'impact carbone de notre alimentation !
Bientôt de nouvelles contraintes
"Après des années de controverse, il semble y avoir aujourd'hui consensus sur le lien entre réchauffement climatique et gaz à effet de serre, note André Le Gall. Et de nouvelles contraintes vont apparaître, l'Europe s'étant engagée à réduire de 20% ses émissions d'ici 2020".
Responsable de 19% des gaz à effet de serre en France, l'agriculture vient en troisième position, à égalité avec le bâtiment, derrière le transport, 26%, et l'industrie, 21%. A lui seul, l'élevage représente 11% des émissions françaises. Et combine trois gaz à effet de serre : le méthane, CH4, produit lors de la digestion des ruminants, le protoxyde d'azote, N2O, provenant des effluents d'élevage, et le dioxyde de carbone, CO2, émis par les consommations énergétiques (labour, réfrigération du lait...).
Ne pas oublier le stockage de carbone
"Mais il faut aussi tenir compte du carbone situé sous le pis des vaches, rajoute André Le Gall, évoquant le stockage sous les prairies et les haies. Selon les études, il peut atteindre 500 kg à 1 t/ha/ an, soit 1 830 à 3 660 kg équivalent CO2". Ce qui diminue d'autant les émissions de l'élevage, mais n'est pas toujours pris en compte dans les calculs. "Il y a un gros effort de normalisation à faire", indique Marcel Denieul, président du GIE lait viande. "Il faut être présent dans les groupes européens et internationaux où s'élaborent normes et méthodes d'évaluation", rajoute André Le Gall.
Une communication positive
"Mais l'élevage ne doit pas se laisser enfermer dans ce débat sur les gaz à effet de serre". Et André Le Gall de citer les constructeurs automobiles, qui communiquent sur la réduction des émissions des nouveaux modèles, ou Mac Do, qui parvient à donner l'impression d'être très vertueux sur le sujet. "L'agriculture a des atouts à faire valoir. Un ha de surface fourragère, c'est certes 6 à 8 t d'équivalent CO2 en émissions brutes, mais seulement 3 à 5 t en émissions nettes, soit l'équivalent d'un demi être humain. C'est aussi la production de protéines du lait et de la viande, du calcium, des saveurs...". Et des services écologiques, au premier rang desquels figure la biodiversité, bien plus importante en zone d'élevage que de grandes cultures.
Sans compter que les systèmes d'élevage disposent encore de marges de progrès pour produire plus tout en limitant leur impact sur l'environnement. "Une étude, réalisée par les réseaux d'élevage de l'Ouest, montre une relation claire entre efficience environnementale et économique, indique André Le Gall. A condition de diminuer les concentrés, d'ajuster la fertilisation, de miser sur le trèfle blanc..., on diminue l'empreinte carbone de l'élevage et on améliore le revenu".
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