Des cultures pénalisées par le manque d'eau
Depuis le mois de juin, les conditions climatiques sont devenues très sèches. Les pluies sont quasiment nulles et les réserves en eau du sol s'amenuisent. En Ille-et-Vilaine, dans les Côtes d'Armor et le sud Bretagne, la réserve hydrique au 1er juillet se situe entre zéro et 20 mm, ce niveau ne permet plus aux plantes de pousser normalement. Plus précisément en Ille-et-Vilaine, la pluviométrie du mois est moyenne à Rennes, 49 mm, mais le fait suite à un printemps plutôt sec (100 mm de mars à mai). C'est par le besoin des plantes au travers de l'ETP (Evapo-Transpiration Potentielle) que le déficit hydrique s'est creusé.Du 1er avril au 30 juin, à Rennes, l'ETP est de 330 mm et la pluie correspondante n'est que de 94 mm ; le déficit est donc de 236 mm.
Dans le Finistère sud, la pluviométrie était relativement conforme à la normale jusqu’en mars mais très en dessous depuis avril. Il a plu moins de la moitié par rapport à une année moyenne. Cela représente plus de 100 mm de déficit depuis le semis du maïs. Dans le nord-ouest de la Bretagne, la réserve hydrique est légèrement supérieure avec 30 à 40 mm.
DES CULTURES À LA PEINE
Ces conditions climatiques difficiles ont un impact direct sur les cultures. Les orges s’en tirent assez bien car les premiers rendements sont de l’ordre de 65 à 80 quintaux. Les blés et les triticales qui ont souffert tout au long de la montaison (densité épis faible, azote mal valorisé…) accusent en plus de l’échaudage avec l’effet négatif des fortes températures. Il faut compter une perte de 1 gramme de PMG pour chaque jour avec une température supérieure à 25 °C. En Ille-et- Vilaine, il y a eu 9 jours à plus de 25 °C. Le maïs est dans la période critique du palier hydrique (1 semaine avant la floraison et 3 semaines après la floraison). Beaucoup de parcelles de maïs sont en manque d’eau, les feuilles s’enroulent pour limiter l’ETP et leur développement est très altéré. Une observation des agronomes des chambres d'agriculture indique qu'une parcelle sur deux est déjà affectée dans sa croissance. Les trois semaines qui viennent sont déterminantes pour cette culture, il faudrait 30 à 40 mm de pluies pour limiter l'impact de ces conditions climatiques de juin. Dans le nord ouest Bretagne, on voit actuellement des parcelles très belles qui poussent vite. Seules les parcelles semées après ensilage d’herbe souffrent. Les réserves sont encore là pour l’instant mais les jours à venir vont faire que les parcelles moins profondes vont marquer le coup. Outre les conditions difficiles pour réaliser les semis de couverts végétaux, c'est plutôt le type de cultures qui sera modifié. Les éleveurs, qui ont fait moins de stocks d'herbe et dont le rendement des maïs n'est pas assuré, auront tendance à semer une dérobée après leur céréale pour avoir du fourrage. Les solutions sont multiples : RGI-trèfle incarnat, moha-trèfle d'Alexandrie, avoine diploïde-trèfle d'Alexandrie ou incarnat, sorgho fourrager, chou fourrager ou colza fourrager. Leur particularité sera qu'elles seront parfois récoltées en novembre-décembre. La première interrogation sera de savoir si c'est possible de semer quoi que ce soit cet été !
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