Bon accueil teinté de réserves
Les propositions de la Commission européenne ont été globalement bien accueillies. "Beaucoup d’éléments reflètent la position commune des gouvernements français et allemand", note ainsi le ministre français, Bruno Le Maire. La ministre allemande de l’agriculture, Ilse Aigner, estime pour sa part que le projet constitue "une bonne base de discussion", tout en soulignant que, pour le moment, il y a plus "de points d’interrogation que de réponses convaincantes". La position commune franco-allemande sera importante dans les semaines et les mois à venir car elle apparaît incontestablement comme un des axes qui peut rallier plusieurs Etats-membres. C’est le cas de l’Autriche. L’Italie s’est déclarée proche de la position franco-allemande. Les Britanniques, sans surprise, ont exprimé une position significativement différente et essaient de convaincre, de leur côté, certains pays, comme la Pologne, qui rejoint le Royaume-Uni sur certains points majeurs, mais qui se retrouve plus proche du couple franco-allemand pour d’autres.Côté syndical, le syndicat agricole européen (Copa-Cogeca) estime que ces nouveaux projets risquent de menacer "la compétitivité et la viabilité économique" de l’agriculture européenne. Le président de la puissante fédération des agriculteurs allemands, DBV (Deutscher Bauernverband), Gerd Sonnleitner, est très critique : "cela ne mènera pas à une croissance verte, mais à une sur-bureaucratie de l’agriculture européenne". En France, Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, estime que "le texte sur la PAC va dans le bon sens", mais regrette que la Commission européenne n’ait pas suffisamment tiré "les leçons" des crises de 2009 : "le texte ne propose pas de mécanismes de régulation des marchés".
PolitiquesToujours en France, pour l’APCA (chambres d’agriculture), "le ton et l’ambition ont été donnés (…). C’est un essai à transformer au niveau législatif et budgétaire". De même, côté filière, Orama (grandes cultures) souligne que "la réalité de la future PAC dépendra de facteurs qui restent actuellement dans l’ombre : le niveau et la répartition des enveloppes budgétaires qui seront consacrées à cette politique, l’évolution des instruments de régulation des marchés, notamment".Les politiques ont aussi réagi. Pour Michel Dantin et Christophe Béchu, membres PPE-FR de la Commission de l’Agriculture du Parlement européen, "les agriculteurs européens peuvent garder espoir". Selon eux, "le papier mis sur la table aujourd’hui par la Commission est une base de travail satisfaisante". Selon Stéphane Le Foll, vice-président du groupe socialiste au Parlement européen, "les propositions de la Commission contiennent deux grandes avancées nouvelles portant vers plus de durabilité et d’équité au sein de la PAC (…) Mais ces propositions demeurent très insuffisantes en matière de régulation des marchés agricoles".In fine, un observateur faisait remarquer que le Commissaire Dacian Ciolos aura besoin de faire beaucoup de pédagogie pour faire comprendre et accepter la réforme de la PAC. Place donc maintenant au professeur Ciolos !
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