Algues vertes : plus d'herbe, moins de fuites d'azote
Le problème des algues vertes n'est pas nouveau. Depuis une quarantaine d'années, des chercheurs s'y penchent et depuis les années 80, ceux de l'Inra travaillent à trouver des pratiques à même de reconquérir la qualité des eaux. Sauf que dans certains bassins versants, cela n'a pas suffi. "Sur certains, comme celui de la Lieue de Grève (22), 10 mg de nitrates suffisent à alimenter les développements d'algues vertes, explique Laurent Ruiz, chercheur de l'unité "sol, agro et hydrosystème". Or, même avec de bonnes pratiques, on est rapidement au dessus de 30 ou 40 mg de lessivage". Pour limiter les fuites, il faut donc voir au-delà de la parcelle et raisonner à l'échelle de l'exploitation. Et trouver un système qui permette de combiner une agriculture viable et un milieu marin préservé. "Quelles que soient les mesures prises, elles ne peuvent choisies en ignorant la logique de l'exploitation", souligne Luc Delaby, chercheur à l'Inra en production laitière.
Maximiser l'herbe, minimiser les fuites d'azote
Chercheurs, agriculteurs et techniciens ont donc testé l'efficacité, économique et environnementale, des mesures, ainsi que leur acceptabilité. "Nous avons élaboré un cahier des charges pour réduire les risques de fuite d'azote", explique Luc Delaby. Les propositions portent essentiellement sur le développement des systèmes herbagers. En augmentant les surfaces pâturées au détriment des céréales, on réduit la charge azotée à l'hectare. En parallèle, il faut réduire les entrées d'azote, par le biais de la fertilisation mais aussi des aliments concentrés. En contrepartie, les légumineuses sont développées. La réduction des intrants permet également de sécuriser les coûts de production. De plus, les risques de lessivage seront réduits par la couverture des sols en hiver. Autre piste, minimiser les retournements de prairies. Des mesures qui ont montré leur efficacité dans le temps. "Pour maximiser les surfaces en herbe, il faut que les structures d'exploitation s'y prêtent, reconnait Luc Delaby. Il faut donc envisager des échanges parcellaires pour une restructuration. Les collectivités doivent s'engager à faire des réserves foncières". Ce qui demande aussi du temps.
Dans le bassin versant du Lieue de la Grève, la prise de conscience est belle et bien là. Elus et agriculteurs sont prêts à agir. 6 exploitants se sont déjà engagés dans des changements de pratiques. Les chercheurs de l'Inra, les techniciens de la chambre d'agriculture et la communauté de communes Lannion-Trégor suivent de près ces évolutions, dans un programme nommé Acassya (pour Accompagner l'évolution agro-écologique des systèmes d'élevage dans les bassins versants côtiers, voir encadré), dont les résultats pourront servir de guide. Si chaque exploitation doit trouver le système qui lui convient pour maximiser l'herbe, cette méthode d'approche est facilement généralisable à d'autres bassins versants.
Reste qu'il y a besoin de temps pour que le milieu "exprime" les améliorations en terme de qualité de l'eau. "Cela peu entraîner des tensions entre les exigences de réponses et la réactivité du milieu, préviennent les scientifiques. Il faut trouver un accord politique pour s'inscrire dans un délai plus long que celui du plan algues vertes".
Cécile Julien
Un programme pour en finir avec les fuites d'azote
Le programme Acassya s'est fixé trois objectifs :
- Modéliser le cycle de l'azote et son évolution lors de la transformation de systèmes de production,
- - Développer des outils d'observation et de modélisation pour évaluer la gestion agro-environnementale des systèmes agricoles,
- Elaborer des solutions innovantes d'évolution des élevages et du territoire, avec des outils d'aide à la décision.
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Retrouvez, chaque semaine, toute l'information dans votre journal TERRA - terragricoles de Bretagne.
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 -
TERRA - terragricoles de Bretagne.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de
droits d'usage,
en accepter et en respecter les dispositions.































