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ALGUES VERTES

La profession agricole claque la porte

Les élus agricoles des baies algues vertes de Lannion et Saint-Brieuc ont quitté le comité régional de suivi. Ils estiment que le virage technocratique pris par l’administration ne colle plus aux propositions professionnelles… en partie reprise par le plan d'action gouvernemental.

21 avril 2011 Emmanuelle Le Corre Vu 1229 fois
Jean-Jacques René, membre de la chambre 22 et de la Commission locale de l’eau de la baie de Saint-Brieuc (CLE), Yves-Marie Beaudet, responsable de la section environnement de la FDSEA 22, Philippe Prigent, membre de la chambre 22 et de la CLE de la baie de Lannion, Danielle Even, membre de la chambre 22 et de la CLE de la baie de Saint-Brieuc.

Jean-Jacques René, membre de la chambre 22 et de la Commission locale de l’eau de la baie de Saint-Brieuc (CLE), Yves-Marie Beaudet, responsable de la section environnement de la FDSEA 22, Philippe Prigent, membre de la chambre 22 et de la CLE de la baie de Lannion, Danielle Even, membre de la chambre 22 et de la CLE de la baie de Saint-Brieuc. - © Terra

Les représentants agricoles des deux baies de Saint-Brieuc et de Lannion ont claqué la porte du comité régional de suivi le 12 avril dernier. Deux ans après la mort du cheval à Saint-Michel-en Grève, les professionnels ont le sentiment d'être floués. Ils ont voulu signifier leur désaccord avec les dispositions de l'administration qui brandit aujourd'hui un cadre réglementaire. En Côtes d'Armor, les élus souhaitent tout sauf revivre le copié-collé des bassins versants contentieux. "On a laissé les territoires construire leur projet. L'Etat a affiché une bonne politique de façade laissant la part aux initiatives locales", rappelle Yves-Marie Beaudet de la FDSEA 22. Les élus en désaccord total avec l’administration ne veulent plus poursuivre les travaux, avec le risque de voir l’incompréhension grandir sur le terrain.


Des propositions venues du terrain

Dès l'automne 2009, la profession s'est engagée sur des mesures de développement environnemental avec 3 axes : une logique de territoire herbager à Lannion et de territoire agro-énergétique à Saint-Brieuc ainsi que des dispositifs déjà mis en œuvre avec réussite : des reliquats dans 1 500 exploitations et des déclarations de flux réalisées à plus de 95%. Une démarche constructive s’est mise en place. Deux hivers ont été nécessaires pour construire les projets, partagés avec les agriculteurs des 2 baies pilote et les représentants locaux. Si la première partie du plan, retenue par l'administration, a été réalisée - déclaration des flux, reliquats, réseau de référence dans 200 parcelles - les dernières annonces font craindre aux élus le retour du bâton au détriment de la logique de résultats. L’avis du comité scientifique en février a d’abord résonné comme une première sanction avant l’annonce d’un possible encadrement administratif.
L'administration serait susceptible de mettre en place un cadre réglementaire, appelé ZSCE (Zone soumises à contraintes environnementales), déjà mis en œuvre sur les bassins versants contentieux. En lien avec des objectifs collectifs, une période d'un an serait envisagée avant d'établir le bilan et l'éventuel passage en mesure obligatoire, avec en parallèle une systématisation du diagnostic individuel (notamment auprès des 1 500 exploitations de la baie de Saint-Brieuc). "Le projet de départ est dénaturé. C'est un gâchis pour les élus agricoles, les agriculteurs sur le terrain et les coopératives associées après la multitude de réunions de travail", déclare Jean-Jacques René, élu de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor et membre de la CLE (Commis-sion locale de l'eau) de la baie de Saint-Brieuc.
Pour Danielle Even, le constat est identique. "On demande un délai de 3 ans avant d’établir un bilan sur ces 2 territoires".


Un financement peu ambitieux

Autre déception et non des moindres : le financement, à la baisse, des projets. Les modalités de soutien déployées par l'Etat, l'agence de l'eau et les collectivités seraient d'un montant de 35 M? au projet de la baie de Saint-Brieuc et 10 M? pour Lannion. Des sommes jugées en deçà des besoins financiers. "Sur 10 M?, 50% sont destinés aux 200 agriculteurs de la Lieue de Grève sur 5 ans", précise Philippe Prigent, membre de la chambre 22 et de la CLE de la baie de Lannion. Fin 2009, le message du ministre était de laisser les initiatives locales s’exprimer. Le projet initial en baie de Lannion est estimé à près de 40 M? pour financer des projets à hauteur de 60% (séchage en grange). Les élus des 2 baies pilote espèrent "une inflexion rapide" des pouvoirs publics. Le plan algues vertes ne pourra se faire sans la profession.

 

 

 
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